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03.07.2008

Con que je suis...

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Con que je suis. J’espère encore. Con que nous sommes à espérer un monde un peu moins dégueulasse. Mais enfin, c’est vrai, pourquoi on s’emmerde à essayer de vivre les uns avec les autres, alors même qu’on peut créer des distinctions, dresser des clôtures et décréter, son petit chapeau mou mal vissé sur sa grosse tête rouge, ici, tu vois, c’est chez moi, et là c’est chez toi.

Pourquoi on s’emmerde à essayer de tuer le Néanderthal qui gueule en nous ? C’est bien plus simple de s’accepter tel qu’on est, de nourrir ses défauts, de les gaver même, c’est bien plus simple de penser que les choses sont telles qu’elles sont, qu’elles sont immuables et que remuer la tambouille du progrès humain, c’est se faire du mal et renifler du fumet faisandé de l’avant-veille…c’est saumâtre hein ? Ah non, suis-je con, c'est bien-pensant ! Ou politiquement correct, c'est ça qu'on dit !

Pourquoi on se fait chier à participer alors que c’est bien plus facile et drôle de jouer les rôles simultanés de « starter » et juge de ligne ; on est au départ et à l’arrivée, pendant la course, on se régale, on se fout de la gueule de ceux qui trébuchent, de ceux qui se viandent, de ceux qui se claquent les adducteurs ou se déchirent les tendons…

Excusez-moi d’être passablement énervé mais s’il y a bien un concept merdeux qui me court sur le haricot ces derniers temps, c’est le concept de bien-pensance. C’est un truc inventé par de gros cons infoutus de comprendre le monde dans lequel ils vivent pour discréditer d’emblée tout individu qui tente d’intégrer dans sa pensée l’Autre. Allons même jusqu’à l’empathie, ne soyons pas chien ! Un truc inventé par des cons qui chaque jour ressassent leurs pensées de cons et qui rêvent de ce jour béni où on leur dira qu’ils n’ont pas à s’en sentir coupable. Comme si con que nous sommes, nous allions leur dire que leurs pensées de cons ne sont guère que de petites faiblesses humaines et qu’elles méritent commisération et apitoiement.

Je suis chrétien mais on atteint là mes limites. Un con qui pense comme un con peut bien continuer à jongler avec ses petites balles en mousse pleines d’ignorance si ça lui chante, mais qu’il ne vienne pas me dire que je suis bien pensant. D’une part, s’il souhaite mal penser, ça le regarde. D’autre part, qu’il ne vienne pas me contaminer avec son néant déguisé.

Puisque ces cons là rêvent d’un monde cloisonné où ils pourront à loisir exercer leur connerie, qu’ils suivent l’exemple du Temple du Peuple, qu’ils nous libèrent de leur présence et de leurs idées de cons. Nous sommes prêt à leur céder des terrains en Picardie. Qu’ils bâtissent leur DisneyLand de la connerie nombriliste, nous l’appellerons BadThinkin’Land. Il y aura des débats qui ne viseront rien d’autre que démonter les autres, et vice versa. Et le jour où ils seront murs, on me déguisera en Jim Jones pour leur offrir la potion qui les libèrera et qui nous libèrera de leur grande gueule par l’occasion.

Tivitioub
(ne me demandez pas pourquoi,
je vous répondrais parce que...)

Commentaires

Moi je trouve que tu es pensant bien.

(ça fait du bien de retrouver un texte écrit de toi sur les Lentilles !)

Pour ce qui est du fond du texte, tu décris toute la difficulté de la pensée, de la libre pensée, c'est amusant d'ailleurs d'une certaine façon ...
C'est compliqué parfois, de réfléchir en tenant compte de son coeur, en lui faisant confiance.
Et puis, il faut lutter à la fois contre la naïveté et le cynisme et même contre la Traviatta, héhé ...

Pour revenir sur un truc d'hier soir, à propos de Doudou qui se réjouissait et des autres qui étaient cyniques (dont moi), quand tu as écrit "Doudou tu as raison", je me suis sentie con, bien sur que Doudou avait raison.
Et puis ce soir, sur la place de la Comédie, à Montpellier, il y avait une fête pour sa libération et j'ai hésité à y aller puis après je me suis dit "bah ça n'a pas grand sens mais ça doit être sympa" et puis la flemme, tout en regrettant un peu ...
Et puis là, aux infos, tout de même ...
Ces remerciements infinis et cette croix hyper ostentatoire et cette prière à genoux et ce spectacle : j'ai éteint la télé et n'ai plus regretté la fête.

Tu vois, pour moi, ce qui est difficile, c'est d'ôter ma pensée de la bien pensance ou pas, du correct ou du subversif, et c'est d'être chaque fois devant un embranchement et de prendre un chemin, en se disant peut être c'est le mien peut être pas, mais tant pis, je fais au mieux.

Ecrit par : Audine | 03.07.2008

Mais c'est vrai, on ne peut plus vrai ça !
L'important, c'est de penser tout court, sans rester accroché à des systèmes qui te mâchent le boulot ! Penser en soi, c'est forcément bien penser. Mal penser, c'est quoi ? Ne pas penser du tout en fait. Cette expression est absurde.

Ce concept prétend que l'on pense par système et propose de penser par système inversé. On ne fait pas plus idiot quand on y pense.

J'ai écrit ce texte il y a un bout de temps, à force d'entendre cette phrase conne sur le site de qui tu sais.

Je n'ai pas vu le cirque Betancourt, j'ai préféré m'en exonérer, justement pour m'épargner le cynisme. Je me dis : bon, elle sort de six ans de détention. Je me réjouis pour elle comme pour n'importe quel otage du monde entier. Rien de plus. Après le cirque...c'est dégoûtant, mais finalement, pas si surprenant...

Ecrit par : Tivitube | 03.07.2008

Boeuh moi aussi je suis - dégouté... nan -
- déçu?... nan... -
- étonné?... pas du tout! -
Non... je ne sais pas résigné devant le cirque mener tambour battant, cirque prévisible,
qui tombe trop bien à pic pour réveiller une presse somnolante en ce début d'été,
presse (tous médias confondus) particulièrement nulle en France,
qui a besoin régulièrement de sa dose de compassionnel, de crise de nerfs, de prises de choux pour se réveillé un peu.
Dans le cas Bétancourt tout est impec! :
elle est mignonne - ça ne gâte rien, coco! -,
elle a des beaux gamins - et pas cons! -,
elles sort des griffes obscurs de guérillos dignes de Tintin et les Picaros - parfum d'aventure! -
et elle pousse même l'élégance jusqu'à être un peu française!

La télé je consomme par tranche d'un quart d'heure.

Plus et je bousille ma maison à coup de mawashis, maïguéri, yakou-tsukis (et parfois mes doigts de pieds ou de mains avec...).

Alors mollo...

J'ai quand même vu hier soir la délicieuse Rama Yade expliquer sur la 3 que voilà,
Sarko n'était pas directement au coeur de la libération de Bétancourt,
certes,
mais que quand même un peu,
sur les bords,
quand même un chouïa,
et que n'est-ce pas sans lui,
qui quand même était au courant,
enfin un peu....

'fin bref, tu vois le genre, de la récup' à son niveau le plus naze,
le plus authentiquement foireux.

Ben j'ai rien cassé!


Mais qu'est-ce que je me suis marré!

Et j'ai mis ça sur ma platine pour bouger mon popotins avec les marmots :
http://www.deezer.com/#music/result/all/groove%20holmes

Ecrit par : doudourou | 04.07.2008

Bon, les biloutes
j'ai plus rien à lire, ça me force à bosser, et ça, c'est mal.
Qui a des bouquins à conseiller (en poche...) ? Qui avait promis des critiques ?
Je viens de lire celui de Grazie (le destin de Crump),.
Zadie Smith, c'est bien ou c'est pas bien ?
Grazie, sors de ton trou, tes chroniques se font rares.

Depechez vous, y'a une de mes collegues qui veut ABSOLUMENT
me preter le dernier Gavalda, et si je ne lis rien,
je n'aurais pas d'excuse.

Ecrit par : herbertlecanard | 08.07.2008

si tu veux, je peux te filer le deuxième..."je l'aimais", ah ah !

bon une fois que j'aurai déserté les planches, snif, c'est la dernière ce soir, je vais pouvoir recommencer à lire...

alors sur mes étagères, j'ai lu et j'avais beaucoup aimé :

Riz noir d'Anna Moï, alors c pas drole du tout puisque cela se passe au début de la guerre du Vietnam, l'histoire de deux jeunes filles où leur vie bascule dans l'horreur de la guerre puisqu'elles seront internées au bagne de Poulo Condor.
Bref c pas gai mais c un livre fort. Le livre alterne les chapitres avec les moments d'insouciance de l'adolescence des deux jeunes filles, et ceux cruels de leur condition de détention.

Et puis j'ai un bouquin que j'ai acheté par hasard à une copine et comme elle l'avait déjà "loin de Chandigarh" De Tarun J Tejpal.

C un auteur indien, l'histoire se déroule en Inde dans les années 1990, je sais pas ce que cela vaut, pas lu mais comme ma cop a plutôt bon goût en matière de bouquin...

Ecrit par : beabab | 08.07.2008

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