09.07.2008
Des livres pour Herbie (et pour les autres)
Je ne ferais pas ici de longues critiques, ,
mais puisque Herbie se demandait quoi lire,
je peux conseiller deux ou trois trucs,
vite fait, parce que je veux en parler plus longuement sur mon blog,
- compter un an ou deux! -
parce que ça me fend le coeur à moi, quelqu'un qui ne sait plus quoi lire,
et qui risque d'en être réduit à lire Gavalda!!
(smileys de rigueur!) :
"Les Fusils" de William T Vollman.
Un bouquin qui entremêle trois niveaux :
Une fiction : un jeune américain, le captain Subzéro, avide de blancheur,
fuit les states et se retrouve chez les inuits, et aime Reepah, une inuit.
Un récit autobiographique : l'expérience de l'auteur passant une semaine seul dans une station polaire désertée.
Un récit historique : celui de l'explorateur Franklin qui meurt, ainsi que tout son équipage, en cherchant le fameux passage du nord ouest.
Le tout fait un roman des grands froids, au souffle immense (+ de 600 pages!),
pas trop de saison, mais ça rafraîchi sur la plage, quand il fait chaud!

"Comment c'était : souvenirs sur Samuel Beckett"de Anne Atik :
Anne Atik a connu Samuel Beckett par l'intermédiaire de son mari, le peintre Avidgor Arikha, depuis le début des années 50
jusqu'à sa mort en 1989.
Ensemble ils boivent très, très sec...
Ils écoutent aussi du Schubert, Beethoven, Brahms,
Mais surtout ils récitent ensemble des poèmes, toujours en VO :
de Shakespeare à Yeats, de Goethe à Trakl, de Dante à Appolinaire et Verlaine..
C'est ce qu'on peut appeler un homme de culture!
Aussi Anne Atik peut-elle écrire :
"Beckett était poète jusque dans la moindre de ses fibres;
en sa présence, la poésie était aussi envahissante que l'oxygène."
Une approche intime, émouvante et très belle de l'oeuvre du grand "Sam".

"Le pays de l'alcool" de Mo Yan
Ding Gou’er, un inspecteur de la capital est envoyé dans la province chinoise pour enquêter sur d'étrange rumeurs de meurtres et de banquets d'enfants par de haut dirigeants du Parti et des grands patrons d'usines.
Ces enfants sont-ils réélement mis au monde dans le but de les vendre pour être mangés?
L'action tourbillonne, entre banquets gargantuesque, libations ad lib, hallucinations, mythologie, fantastique, rêve...
L'idée est claire : la Chine mange - symboliquement, je vous rassure! - ses enfants.
Un chapitre sur deux Mo Yan lui-même correspond avec un prétendu jeune écrivain "maitre es alcool" qui fini par rejoindre le récit.
Mo Yan est un des écrivain chinois contemporain incontournable.
Ecriture déjantée, visions, réalisme fantastique à la Garcia Marquez, et rire énorme.

Je recommande aussi du même, et dans le même style, "Beaux-seins, belles fesses" :
l'histoire de la seconde partie du 20 éme siècle chinois raconté par un narrateur obsédé par les seins des femmes...

"En Patagonie" de Bruce Chatwin.
Le célèbre écrivain voyageur marche en Patagonie, pays dont il rêve depuis l'enfance...
Il fait forcément la rencontre de toutes sortes de personnages pas banals,
mais il évoque aussi les figures marquantes qui sont passés par là :
des juifs russes fomentant des révolutions, des pirates, des mormons illuminés,
ainsi que des figures célèbres, Darwin, Edgar Poe, Butch Cassidy,
sans oublier le célèbre mylodon, sorte de paresseux géant préhistorique,
typique de la Patagonie.
Du récit voyage plein de poésie, écrit avec génie,
grouillant de personnages,
et avec des trouées vers mille ailleurs.

"Les jumeaux de Black Hill" du même auteur :
Deux Jumeaux naissent à Black Hill,
un bled perdu dans les landes du pays de Galles,
au début du 20ème siècle,
et traverse ce siècle jusqu'aux années 80.
Ils vivent en osmose, ne se marierons pas,
et ne se sépareront jamais sauf pour la guerre de 14,
ou l'un des deux part se battre "sur le continent" - moment déchirant.
Ces deux bonhommes attendrissants voient passer l'histoire,
qui fini même par atteindre leur coin perdu,
observent la marche du temps,
et voient vivre et évoluer leur entourage...
un vrai chef d'oeuvre s'il en est!

"De marquette à Veracuz" de Jim Harisson :
David, jeune américain souffre de la personnalité de son père, riche propriétaire,
issu d'une riche lignée de propriétaire.
Son père est de plus magouilleur,
accapareur, grand buveur,
et quasi pédophile, attiré par les jeunes "Lolitas".
De plus, cette famille est responsable de la destruction écologique de toute une partie du Nord Michigan.
Ce père a détruit à petit feu la mère de David, éternelle soufrante.
La soeur de David est très vite parti en claquant la porte...
Grâce à la rencontre de trois femmes remarquables,
David va trouver la paix, s'accepter,
et essayer de racheter la faute de sa famille en entreprenant un grand travail de recensement des désatres occasionés par sa famille.
Un livre puissant qui malmène, ça va sans dire, la "volonté de puissance" américaine...

Voilà, c'est tout pour le moment.
Je suggère que ceux qui ont d'autres idées les ajoutent en commentaire,
pour en faire profiter les autres!
Faites tourner!
Doudourou
23:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : beckett, atik, mo yan, volmann, chatwin, harisson



Commentaires
trocoule.
Je réponds plus long plus tard...
Ecrit par : herbertlecanard | 10.07.2008
re-salut.
Merci pour les références... les fusils, je l'ai déjà lu. J'avais bien aimé
(malgré le fait que je ne saisissais pas toujours tout... c'est rare que j'apprécie être perdue).
Les autres, je les note dans ma tête.
Comme j'avais vraiment plus rien à lire (avant que tu ne répondes)
j'ai acheté/emprunté des livres...
Le premier choix est une belle boulette "Le livre des jours" de Cunningham. Ne l'achetez surtout pas. C'est vraiment pas top.
Sinon, je compte lire "Beloved" de Toni Morrison, un Nancy Huston dont le nom m'échappe... et l'idiot de Dostoievski, étant donné que ma collègeu russe m'a dit qu'en ne l'ayant pas lu, j'avais raté le meilleur.
Enfin, un magnifique livre de code version 2007... JOIE !
Ecrit par : herbertlecanard | 11.07.2008
AH! "L'Idiot!"
Je recommande quand même vivement de le lire dans la nouvelle traduction de André Markowicz chez Actes-sud.
Les anciens traducteiurs (généralement du 19ème siécle ou début 20ème) avaient lafacheuse tendance de vouloir "corriger" le style un peu brousailleux et mal peigné de ce cher Fédor.
Ce qui est fort dommage...
Moi l'été, j'aime bien emporter un gros bouquin - par peur de l'angoisse absolue : avoir fini mon bouquin sans bonne librairie aux alentour! -
Cet été ce sera "Le temps où nous chantions" de Richard Powers, plus 1000 pages à parcourir!
celui là :
http://www.lire.fr/critique.asp/idC=49816/idR=217/idTC=3/idG=2
mais en poche chez 10/18.
VOUS SAUREZ TOUT!
Ecrit par : roudodoudourou | 11.07.2008
C'est celle-ci même que j'ai..
la russe voulait me preter la version originale.. mais ...
Ecrit par : herbertlecanard | 11.07.2008
Ha super!
Salut pour moi le prince Mychkine, alors!
Ecrit par : roudodoudourou | 11.07.2008
Alors ça me donne envie de lire "les fusils", mais je vais faire un choc thermique parce que pour l'instant je suis au Mexique dans la touffeur des champs de pétrole du "trésor de la Sierra Madre" de B. Traven (auteur que je conseille(mais tout le monde doit connaître, à part moi qui le découvre grâce à jean- Charles) quand on n'a pas envie de lire mais qu'on lit quand même, comme ça pour passer le temps ...et bien, on ne peut pas s 'arrêter. La Sierra Madre ça semble commencer normal. "La révolte des pendus, c'est très dur, grâce à Modesta et Candido, qui portent bien leurs noms, on supporte, en attendant la révolution.
Ecrit par : le croco | 13.07.2008
Rrrrrrrrrôooo, le croco est parmis nous!
c'est la fête!
Oui, Bernard Traven est un sacré auteur,
un type qui s'est caché sous mille masques et pseudonymes...
que l'on a cru mexicain, américain, allemand, russe...
Et qui est en fait un peu tout ça.
Même si son oeuvre est finalement plutôt centré sur le Mexique.
Pas si sûr qu'il soit si connu, tu sais, croco!
Je recommande de lui "le visiteur du soir", un recueil de nouvelles....
http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/traven-b/le-visiteur-du-soir,1024248.aspx
Ecrit par : roudodoudourou | 13.07.2008
Je change de sujet : je viens de finir le dernier Vargas : "Un lieu incertain". J'ai lu vaguement un truc sur un fil ici.
Bon, je confirme, ce n'est pas son meilleur, c'est vrai. Disons qu'il est un peu plus mieux que "Sous les vents de Neptune", mais juste à peine.
L'histoire s'étire, elle est molle. Les personnages sont moins forts, moins présents, moins bien décrits que d'habitude. Et l'auteur semble s'acharner sur Adamsberg et le mettre sans cesse dans des situations de galère. Quant à l'intrigue elle-même, que dire ? Compliquée, un peu n'importe quoi, fourre-tout. J'ai trop attendu ce nouveau livre et la déception n'en est que plus forte.
"Dans les bois éternels" avait racheté la daube de "Sous les vents de Neptune" et m'avait rendu l'espoir. A refaire.
J'ai l'impression qu'elle a écrit ce livre parce qu'il fallait qu'elle écrive quelque chose. Il semble inachevé, inabouti. Il n'est pas nul, il aurait pu être mieux.
Ecrit par : dryade | 15.07.2008
J'aime bien Fred Vargas, et patatras, j'ai acheté son dernier avant de venir sur le forum. Enfin, tant pis, si c'est mieux que les vents de Neptune, ce n'est déjà pas si mal. Je ne l'avais pas beaucoup aimé non plus, celui là. Trop de trucs, et des invraisemblances, et la vieille traider qui arrange tout à la fin, ça m'avait semblé trop facile. J'avais lu avant "Dans les bois éternel" qui, à ce jour, reste mon préféré, et risque de le rester encore un peu, si je comprends bien.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 22.07.2008
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