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20.09.2008
Lettre à Jean-Louis Fournier

Cher monsieur Fournier (ou cher Jean-Louis ? je n’ose pas)
Depuis toujours j’aime votre oeuvre, encore plus depuis que je sais que vous étiez l’ami -et le co-auteur des sketches de- Pierre Desproges. Les amis de Desproges sont mes amis. Mais pour vous je sais que cela ne change rien.
J’ai acheté tous vos livres, et j’en ai offert beaucoup : Grammaire française et impertinente, Arithmétique appliquée et impertinente, Mouchons nos morveux… Je me suis payé de belles tranches de rigolade, des fous-rires à pleurer. Je vous imaginais rigolard, iconoclaste (ce que vous êtes d’ailleurs), extraverti, ne prenant rien au sérieux, surtout ce qui est grave.
Et là, je tombe sur ce livre. Je l’achète, bien sûr, puisqu’il est de vous.
Et moi qui avait mille choses à vos dire, là je ne trouve pas de mots. Je ne peux rien dire, parce qu’il n’y a rien à dire. C’est comme ça, c’est tout.
Vous avez écrit ce livre pour vos deux enfants, nés lourdement handicapés, “Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords.”
Vous dites n’avoir pas été un très bon père. Je ne suis pas d’accord avec vous. Vous avez été un père dépassé, désespéré, qui doutait en permanence. C’est humain. On peut être un mauvais père avec un enfant normal, la société l’accepte mieux. Mais elle attend de parents comme vous un dévouement admirable et sans bornes. C’est injuste, mais c’est comme ça. La société est injuste, et la vie aussi. Surtout la votre. Vous écrivez que “Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.”
Dire que ce livre m’a bouleversée, c’est rien. J’ai pleuré, j’ai ri. Oui, parce que vous savez faire rire aussi de votre malheur. Quand votre petit Thomas répète inlassablement : “Où on va, papa ?” vous avez des réponses absurdes : “On va prendre l’autotoute à contre-sens. On va en Alaska caresser les ours et on se fera dévorer. On va aux champignons, cueillir des amanites phalloïdes et on se fera une bonne omelette.”
Ou encore ça : “Chaque seconde sur Terre, une femme met un enfant au monde. Il faut absolument la retrouver et lui dire qu’elle arrête”.
Je vais vous faire un aveu horrible : quand la colère me prenait contre mon rejeton, que les cris fusaient pour des choses futiles et essentielles : l’école, les devoirs, je me réfugiais dans votre livre et je me disais : “Mais de quoi je me plains ? C’est si grave que ça qu’il ne fasse pas ses devoirs assez vite, ni assez bien ?” J’ai honte d’avoir comparé mon enfant normal et mes petites emmerdes aux votres.
J’ai frissonné quand vous avez énuméré tout ce que vous ne ferez jamais avec vos enfants, tout ce qu’ils ne connaitront jamais : la musique, Mozart, les châteaux de sable, la peinture, les musées, l’amour.
Dans ce livre, vous racontez votre quotidien, vous vous dévoilez, mais avec tant de pudeur, tant de recul, d’ironie comme si vous vouliez faire croire que c’est quelqu’un d’autre qui parle. Mais l’amour et la douleur sont derrière chaque mot.
Pour terminer, je vais citer encore un passage de votre livre ; je voudrais donner aux gens l’envie de le lire, je vais l’offrir, pas seulement à des gens qui ont des enfants handicapés. Je vais le relire sans fin.
“Un livre… pour écrire des choses que je n’ai jamais dites. Peut-être des remords…
Vous dire que je regrette qu’on n’ait pas pu être heureux ensemble, et peut-être aussi, vous demander pardon de vous avoir loupés.
On n’a pas eu de chance, vous et nous. C’est tombé du ciel, ça s’appelle une tuile.
Grâce à vous, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec vos études, ni votre orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique ou littéraire. Pas eu à nous inquiéter de ce que vous feriez plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.”
Continuez à dire des bêtises et à en écrire. Mais, si je peux me permettre, faites demi-tour, juste avant le cul-de-sac, juste avant l’impasse. Il y a encore un petit bout de route.
Dryade
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Commentaires
J'ai oublié de signer, s'cusez (j'ai eu du mal à mettre en ligne).
Donc, signé : dryade
Ecrit par : dryade | 20.09.2008
J'ai signé la note pour toi, Dryade.
Dès que j'ai du temps, je la lis!
Ecrit par : doudourou | 20.09.2008
merci Dryade, elle est très belle, ta lettre, et surtout, elle donne envie de connaitre mieux et Jean Louis Fournier, et son dernier livre.
Ecrit par : Audine | 20.09.2008
merci doudourou d'avoir réparé mon oubli (j'ai vraiment galéré pour mettre en ligne, on voit que j'ai pas l'habitude).
Et merci Audine. J'aimerai beaucoup l'envoyer à J.L. Fournier cette lettre. J'ai lu son livre en deux soirs, et je le relis souvent. C'est bouleversant. Je connaissais le personnage, mais je l'ai vu à la télé, il parlait de ses mômes et ça m'a scotchée. Je n'aurais jamais imaginé qu'il vivait un tel drame ; ses livres sont pleins d'humour, d'ironie, d'absurde, de joie ! Ce n'est pas parce qu'on vit un drame qu'on n'a pas le droit d'avoir de l'humour, bien sûr (d'ailleurs il le dit dans son livre : la société attend de parents d'enfants handicapés une tête de circonstance, et interdiction de rire et d'être heureux). Ce livre, on commence à en parler à la télé (alors que tous ses autres, jamais). Certains voudraient lui voir attribuer le Goncourt. Ce n'est pas un roman, ce sont des tranches de vie, des petits chapitres très courts, une page ou deux, mais une force ! Une sensibilité ! Rien que d'y penser, j'en frissonne.
Mais il a écrit beaucoup d'autres livres (en plus d'avoir filmé "la minute de monsieur Cyclopède", et d' avoir écrit certains sketches avec Desproges). J'ai beaucoup aimé "Mouchons nos morveux - conseils aux parents qui ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds". On peut y lire en préambule : "Dieu a dit : tu enfanteras dans la douleur. Le pire, dis la mère, c'est pas l'accouchement. C'est après. Les trente années qui suivent. Avant qu'lls quittent la maison." Je crois que je ne lirai plus ses livres de la même manière maintenant.
Tiens, je vais dire à Grazie de lire celui-là (si elle a le temps). Je ne dis pas que ça résoud tous les problèmes. C'est comme les décontractants que je prends : ça n'enlève pas la douleur, mais ça aide à la supporter !
Ecrit par : dryade | 20.09.2008
Merci mille fois Dryade.
Je vais acheter ce livre, et je me fiche bien de savoir s'il aura le Goncourt ou pas.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 21.09.2008
Elle est très belle ta lettre, Dryade. Tu devrais l'envoyer, qu'est-ce que tu risques, une réponse ?
Cela donne envie de lire ce livre, j'ai remarqué que les gens qui vivaient de grands drames, ont souvent beaucoup d'humour et de pudeur ( une façon de prendre du recul) et comme le dit si bien Jean Louis Fournier n'ont pas cette tête de circonstance, que voudrait la société... de comportements stéréotypés adaptés à la situation...Ce sont des gens plutôt optimistes et de bonne humeur, car les p'tites tracasseries du quoitidien leur semble bien vaines, question de tempérament peut-être aussi. La vie avant tout.
Quant à ta réaction, je la trouve normal (enfin disons que je peux avoir le même type de comparaison), quand j'ai l'impression que ça ne va pas dans ma vie, je me dis que j'ai la chance d'être en bonne santé, et cela est un capital inestimable...et que je suis bien bête de me plaindre et de ruminer dans mon coin sur la vie, l'amour, les vaches...
J'ai appris ainsi que dans mon groupe de théâtre, un de mes partenaires avait une p'tite fille handicapée, condamnée à vivre clouée sur un lit. Cet homme n'en parle jamais et il est toujours dans la légèreté, la bonne humeur, farceur, d'un humour pince-sans-rire so british...
Ecrit par : beabab | 21.09.2008
Merci à vous deux. J'aimerais tant faire aimer cet auteur, parce qu'il le vaut
bien ! Fleur, quand tu auras lu ce livre, j'aimerais que tu me dises ce que tu en penses.
C'est un livre très dur, très noir, mais le noir n'est pas dans ce qui est écrit, ni comment c'est écrit, il est dans ce que cela suppose et qu'on devine aisément.
Béabab, dis-moi comment puis-je lui adresser ma lettre ? Par son éditeur ? Mais j'ai pas l'adresse. Ah mais oui, internet ! Suis-je bête !
C'est vrai que quand il ne nous manque que la gale pour se gratter, qu'on cherche des poils sur des oeufs, faudrait un peu redescendre sur terre et regarder autour de soi. Non pas pour se complaire du malheur des autres, mais pour relativiser le sien.
Moi j'ai pas la chance d'avoir une santé florissante (d'ailleurs ça y est, la maladie m'a rattrappée, j'entre à l'hosto la semaine prochaine) mais quand je disais à une copine : "Je préfère que ce soit moi qui soit malade plutôt que mes gosses", elle m'a admirée : "Quelle générosité tu as !". Et je l'ai détrompée : "Ce n'est pas de la générosité, c'est de l'égoisme : je préfère leur faire le chagrin d'être malade et de partir, éventuellement, que ce soit eux qui pleurent plutôt que moi." C'est vrai quoi, moi je sais ce que je suis capable de supporter, et comment. Mais pour ceux que j'aime, je ne saurais jamais, même si je suis proche d'eux. Donc, autant qu'ils ne souffrent pas, qu'il n'aient rien et qu'ils me laissent gérer les emmerdes de santé. Je me débrouille. Et c'est aussi pour ça que je me sens proche de Jean-Louis F. Parce qu'il ne sait pas ce que ses enfants ressentent, s'ils souffrent, il est là près d'eux, impuissant. Ça doit être horrible.
Et j'ai relu le livre que je vais conseiller à Grazie : "Mouchons nos morveux : conseils aux parents qui ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds". Et j'ai trouvé (après coup, bien sûr, après avoir lu son dernier livre) quelques petites allusions, quelques détails qui me laissent penser qu'il commençait à "régler ses comptes" avec le sort qui s'était acharné sur lui.
Ecrit par : dryade | 21.09.2008
Oui, Dryade, tu envoies ta lettre à la maison d'édition en indiquant dessus le nom de l'auteur à qui tu la destines.
L'adresse de la maison d'édition est souvent dans les pages de garde, mais si tu ne la trouves pas, les pages jaunes t'aideront surement.
Dryade, je te souhaite du bon courage pour la semaine prochaine et à venir. Bien à toi.
Beabab
PS : ta remarque sur "les poils sur les oeufs", me fait penser à une réplique d'un des personnages d'une pièce de théâtre de Jean Marie Chevret :
à un homme tout énervé par ses problèmes de coeur
" eh cool, qu'est-ce qu'il t'arrive ? on t'a vendu des fayots qui voulaient pas cuire ?"
Ecrit par : beabab | 21.09.2008
Merci beabab MDR ! Je les replacerai, "les fayots qui voulaient pas cuire" !
Ecrit par : dryade | 21.09.2008
"L'humour est la politesse du désespoir".
Une fois de plus.
Courage Dryade. Je pense à toi.
Duga
Les Girondins soutiennent l'OM.
Ecrit par : Duga | 21.09.2008
Elle est très touchante ta lettre et je vais suivre ton conseil à l'occasion car même si les miennes ne sont plus tout à fait des morveuses j'ai encore bien besoin de les moucher !
Mais ce livre là m'attire tout particulièrement pour toute les raisons que tu cites.
Tu auras internet à l'hôpital ?
Comme ça on te fera des petits coucous.
Allez courage tu en sortiras plus forte et je suis d'accord avec toi moi je suis d'un égoïsme sans nom j'ai pas envie de pleurer ceux que j'aime.
Ecrit par : grazie | 22.09.2008
Merci les gars. J'aurai pas internet à l'hosto, j'y reste que 4 jours. Le temps de me bourrer de cortisone à autre dose. Mais je vais préparer mon travail sur la cellule pour les nuls. Maintenant que je sais poster et mettre des photos, ça va déchirer !
Ecrit par : dryade | 22.09.2008
Pour écrire à un auteur, rien de plus facile. Le nom de l'auteur sur l'enveloppe, mais il faut adresser la lettre à la maison d'édition, surtout pas sous double enveloppe, ça leur casse les pieds.
J'ai comme ça, par un jour d'extême audace écrit à Françoise Chandernagor pour lui dire à quel point j'avais été retournée par son livre "la chambre", et elle m'a fait l'extrême surprise de me téléphoner directement. J'en suis encore bouleversifiée.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 22.09.2008
Dryade,
J'achète le livre dès que je descend en ville. je te dirai ce que j'en pense, mais je suis sûre que je l'aimerai.
je fais partie des gens qui n'ont pas besoin d'avoir la gale pour se gratter, il y a plein d'autres choses qui grattent. Quand aux poils sur les oeufs et les fayots qui ne cuisent pas, je connais aussi. C'est comme ça, on n'y peut rien.
Je passe mon temps à "relativiser" mes "malheurs" au point d'être complexée quand on me prescrit des examens dont je pense qu'ils sont couteux.
J'espère que tu supportes bien la cortisone et que tu prends plein de bouquins pour aller à l'hosto.
Je suis comme toi, j'aime mieux être malade que de voir mon mari, mes enfants ou mes petites filles souffrir de quelque chose.
Je t'embrasse.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 22.09.2008
C'est vrai que quelquefois on a des surprises étonnantes en écrivant à un auteur.
Je vous avez raconté que j'avais écris à dan O'Brien après m'être enthousiasmée pour son livre et que son collaborateur dans son ranch m'avait répondue ?
Et bien cet été il venait en France pas loin de chez moi et un matin il m'a téléphonée pour me dire qu'il serait à la gare à 12h ! Subtilité de la langue alors qeu je proposais de boire un coup lors de son séjour je l'ai eu à domicile 2 jours durant !
Un homme qui a traduit lamartine ne pouvait pas être méchant quand même.
J'ai aussi eu une lettre d'annie ernaux après son superbe dernier livre et aussi de Jean Teulé qui est un homme charmant bien qu'un peu bougon.
Enfin bref Dryade envoie vite ta lettre et tiens nous au courant de la suite des évènements.
Ecrit par : grazie | 22.09.2008
Merci Fleur, je t'embrasse aussi. T'inquiètes pas, je tiens le coup, mon petiot est casé pendant ma cure, je supporte très mal la cortisone et je vais être naze (donc, je ne reviendrai pas tout de suite taper sur le clavier, je ne saurai d'ailleurs même pas où est le clavier !). En plus ça me bouffe les os et ça me troue l'estomac c'te saleté, mais paraît que c'est pour mon bien !
Grazie, j'ai trouvé toutes les coordonnées de Fournier, je vais lui envoyer ma lettre avant demain. Je te dirai ce qu'il en est. Et ton entraînement pour Marseille-Cassis ? Ça avance ?
Ecrit par : dryade | 22.09.2008
Bon courage Dryade. C'est vrai que c'est une saloperie la cortisone, mais les bénéfices sont plus importants que les effets secondaires. J'ai une copine qui sans ce médoc, ne serait plus là depuis un certain temps (syndrome de fernand Vidal), une cochonnerie qui te propulse sous une tente à oxygène un soir de réveillon, et autres réjouissances.
Je pense à toi.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 22.09.2008
J'ai hâte d'en savoir plus sur cet épisode (la lettre je veux dire) pour le reste ben on peut juste être de tout coeur avec toi on est toujours maladroit dans ces cas là.
Soigne toi c'est tout ce qui compte.
La cortisone je ne connais que parce que mon père avait eu un accident du boulot (brûlé au 3ème degrés) et donc il avait été soigné comme ça et quand un moustique l'a piqué il a tellement enflé qu'on aurait dit pierre richard dans le film idiot ou il a encore un rôle de boulet.
Ecrit par : grazie | 22.09.2008
Il y a, autour de toi, une chaîne d'amitié qui réjouit le coeur en cette période un peu difficile. Les Lentilles ont cette singularité d'être présentes à la détresse des autres et, en particulier, quand elle touche l'un des siens. Bon courage à toi et merci pour ton excellente description du livre de J.L Fournier, qui donne envie de le lire pour son humanité. " Quand le destin frappe l'un des notres ou, nous mêmes, dans notre intégrité physique, il faut aller chercher loin, très loin en nous, les moyens d'alimenter la force vitale que nous possédons tous !" Bien à toi ! Bises affectueuses. angemie.
Ecrit par : angemie | 22.09.2008
Merci à tous. Ben d'un coup ça va mieux (j'avoue que j'ai passé un sale week-end à tourner en rond).
J'ai parlé de ce livre à mon orthophoniste, et je vais lui prêter, ça l'intéresse. On en a discuté et ce qui me semble ressortir de ses écrits, c'est qu'il est malheureux, qu'il le sera toujours, même s'il a des moments de joie, des éclairs de bonheur parfois, il est profondément malheureux, ce J.L. Fournier. C'est pour ça que je préfère souffrir moi, que voir mes fils souffrir ! Parce que la souffrance c'est douloureux, surtout quand ça fait mal, comme a dit Desproges. Et quand la souffrance s'arrête, ben ça va. Pour J.L. Fournier, elle s'arrêtera jamais. Merdre alors !
Ecrit par : dryade | 22.09.2008
ah ! non Grazie, j'a dû rater cet épisode, tu crois pas que ton amerloque d'écrivain n'a pas un peu poussé loin les incompréhensions de la langue pour s'inviter chez toi et bénéficié de ta gentillesse
"un écrivain chez moi", franchement ça ne peut qu'arriver qu'à toi.MDR.
mais mieux vaut Dan 'O Brien à a maison que Dan' I Brien (j'en truciderai Suzette). Je préférerai Nina Bouraoui, enfin d'un autre côté, j'ai jamais lu un de ces livres. Sinon je me rappelle que tu m'avais conseillé son bouquin sur les plaines du Far West. G pas oublié, mais à mon rythme de tortue
bon ben Dryade, je crois que tout le monde t'a convaincu d'envoyer ta belle lettre à JL Fournier. et tu nous diras, hein la suite ?
Je suis comme Fleur, je suis d'une nature à me stresser parfois pour un pet de travers de porc, c con heing ?
bon ben j'avais écrit à Gavalda, qui m'avait envoyé une lettre puis une 'tite carte du Japon, enfin posté de France. Voilà c dit et le 1er qui se fiche de moi, et ben je m'en contre pète :-)
Ecrit par : beabab fan de | 22.09.2008
Tu as bien raison. On dira ce qu'on voudra, mais recevoir une lettre de quelqu'un dont on pense qu'il est trop occupé pour se soucier de ses lecteurs (très nombreux, en plus, en ce qui concerne Gavalda) ça fait du bien.
Moi, le coup de téléphone de Françoise Chandernagor, j'en étais tellement étonnée, fière, émue, heureuse et plus encore, que j'ai dû m'asseoir sur une chaise quand elle s'est présentée. En plus, elle est vraiment chaleureuse et sympathique. Elle m'a parlé pendant au moins un quart d'heure, me disant pour quelles raisons ma lettre l'avait touchée.
Je passais cette année là un été de merde, comme souvent, et j'en ai été toute réconfortée.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 23.09.2008
Spéciale dédicace à tous les angoissés (qui se reconnaîtront)
Omar khayyam
Tu n'as pas aujourd'hui de pouvoir sur demain
L'anxiété du lendemain est inutile
Si ton coeur n'est pas insensé
ne te soucie même pas du présent
Sais-tu ce que vaudront les jours qu'il te reste à vivre ?
Ecrit par : grazie | 23.09.2008
Je suis allée voir le dernier jaoui ça y est !
Bon j'ai raté les 5 premières mn à cause que j'ai croisé une charrette.
C'est sur c'est pas du grand cru, on est loin du goût des autres ou d'un air de famille. Encore une fois jaoui est une femme forte, seule, qui pleure et qui n'a personne pour le voir. Bacri évolue en maladroit chronique mais looser congénital et djamel en silencieux ça c'est la vraie surprise.C'est parfois un peu poussif, mais il y a toujours de la sincérité et cette capacité à croquer nos travers, nos casseroles, nos petits mensonges.... Elle se répète c'est un fait, on fume encore des petits joints , la famille est toujours un peu bancale, il y a toujours ses préférences qui abîment les enfants et au fond nous sommes tous des enfants mal dégrossis. Tout ça on le sait, rien de bien nouveau sous le soleil, d'ailleurs de soleil il en est bien question tout au long du film et ça finalement ça sonne juste, car le climat ici c'est détraqué pour de bon, froid en mai, orage en décembre et chaleur en mars !
Bien sur comme je suis du coin j'ai suivi à la trace mon quotidien la gare, les alpilles, la petite rue d'avignon qui mène à utopia, l'église de beaucaire ou s'est marié mon cousin (celui dont je vous ai parlé il y a peu de temps) enfin voilà j'ai passé un moment distrayant sans plus, j'avais pas besoin de plus finalement et djamel me plait de plus en plus.
Ecrit par : grazie | 23.09.2008
Oups, je n'avais pas vu ton message.
Oui, certaines situations sont drôles, et des répliques sont pas mal.
Mais je m'attendais à un film plus politique...
Ecrit par : herbertlecanard | 24.09.2008
Jaoui n'a jamais trop fait dans la politique son truc c'est plutôt les petites situations qui vous plombe.
Il y a quelques années j'avais entendu un interview de bacri à propos de Allen ou il disait tout le bien qu'il pensait de cet homme à ces débuts et il concluait en disant "que wody allen soit devenu aussi policé et nombriliste c'est triste" A ce jour on peut presque lui retourner le compliment !
Mais je me disais aussi que finalement ils sont en adéquation avec notre temps, le doute, l'engagement mou, on râle mais on ne bouge pas, bref y a du vrai dans ce film
Par contre les deux acteurs que tu cites sont nuls mais peu représentatifs finalement.
La petite nana qui joue la serveuse elle est très étonnante.
conclusion y a de bonnes surprises.
Peut-être que je vais me faire "entre les murs" quand j'aurai le temps.
Ecrit par : grazie | 24.09.2008
bon tant pis, c tard, mais je partage votre avis, "parlez moi de la pluie" est distrayant mais sans plus..comme si Bacri Jaoui était devenu tout mous à force de fumer des joints en regardant les fourmis. on ne s'ennuie pas tout de même mais c'est comme s'il n'avait pas eu d'idée...l'histoire avance à lava-comme-je -te-pousse et puis surtout, on ne croit pas une minute dans le personnage de Jaoui, femme politique. Elle aurait pu exercer n'importe quel métier mais pas celui-là... elle est bien tendre pour se laisser filmer par deux amateurs, il ya quelques moments de grâce ( les fourmis justement, 2/3 conversations) mais c'est gentil tout plein ( à croire qu'ils ont lu l'intégrale de Gavalda :-)
Bref on est bien loin du regard sarcastique qu'il pouvait porter sur la famille, le monde de l'art et du "people" et cie...
ça se regarde et ça s'oublie presqu'aussi vite, même les répliques sont molles voir un peu connes, la séquence chez les agriculteurs est un rien parodique, presque comme dans" les bronzés font du ski", c'est dire.
Un Bacri Jaoui sous pétard (mouillé)
Ecrit par : beabab fan de | 25.09.2008
Voilà tu as bien résumé, maintenant il nous reste à voir "entre les murs" moi j'ai un avantage j'ai aimé le livre.
Ecrit par : grazie | 25.09.2008
je n'ai pas lu le livre alors il me reste à le voir.
Ecrit par : beabab | 25.09.2008
Si tout va bien je pense que j'irai dimanche puisque pour une fois je ne travaille pas sauf si je trouve quelqu'un pour m'accompagner faire un peu de varappe
Ecrit par : grazie | 25.09.2008
Moi, j'ai tellement adoré le livre que je n'ai pas envie de vois le film. C'est toujours comme ça.
Les très courts extraits que j'en ai vus ou entendus m'énervent, je ne me fais pas à l'accent banlieue. Je crains que ce film, finalement, soit un constat d'échec.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 25.09.2008
Ho zyva fleur, fais pas ta relou,
bouge ton body, viens au néci
voir le mefil !
Ecrit par : herbertlecanard | 25.09.2008
D'autant que cet accent "banlieue" dont parle Fleur, c'est l'accent parisien, à présent.
Le film a été tourné dans le 20éme arrondissement, donc dans Paris "intro-muros".
Mais cet accent, ce parlé, gagne l'ensemble de la jeunesse - si ce n'est de la société -.
Le "titi"parisien, rien à faire, ça n'existe plus, nada.
Mais ce parlé banlieue est finalement plus complexe qu'il n'y parait.
Et en tout cas, il véhicule une gouaille, une énergie qui ne se diffuse guère au reste de la société.
Au fond, on ne demandait pas à Gabin, Arletty, Piaf, de parler un français parfait, académique, ancien..
Ecrit par : doudourou | 25.09.2008
t'es ouf, Doudou, comment que tu peux dire que toute la caillera de Paname, elle kiffe de tchacher comme tu dis ??!!
euhhh ? sinon pas tout compris à "l'esquive", mais j'irai voir "entre les murs" ont des oreilles
Ecrit par : beabab | 25.09.2008
Ecrit, c'est rigolo, parlé, ça m'agace. Je n'aurais pas dû employer le terme "banlieue" car, même dans mon département qui se trouve à plus de deux cents kilomètres de Paris, certains jeunes parlent comme ça aussi. Quand je les entends,je suis vénère.
Bien sûr que le parler argotique a toujours existé, j'ai été une lectrice assidue de san Antonio, de Auguste le Breton et d'Alphonse Boudart. Je trouve toutefois que dans la langue dite verte, il y avait une invention, quelque chose de pittoresque, que je ne retrouve pas dans ce parler nouveau. En fait, ils sont en train de réinventer le verlan, ce qui ne fait pas preuve de beaucoup de nouveauté. L'argot avait l'avantage d'inventer des mots, alors que là, le vocabulaire "djeune" en supprimerait plutôt. On "kiffe" au lieu d'aimer, d'apprécier, de préférer... Pour moi, c'est un appauvrissement qui se complique de mépris envers la langue française, qualifiée de "langue du moyan âge. Je voudrais voir une dissert de philo écrite en "djeune", ça doit valoir son pesant de cacahuète.
Ecrit par : Fleur d'hiver | 26.09.2008
Mais San Antonio n'écrivait pas comme les gens parlaient!
Personne n'a jamais parlé le "San Antonio" dans la rue,
comme personne n'a jamais parlé le "Proust",
ou le "Céline".
C'est de la réinvention, de la réécriture, de l'écriture.
On pourrait faire la même chose à présent,
avec ce qui est quand même autre chose que du "verlan réinventé".
Ecrit par : doudourou | 26.09.2008
Coucou me revoilou !
Je remercie celles qui ont pris de mes nouvelles, et je viens aux votres. Alors ? Quelqu'un a-t-il lu ce livre ? Et qu'en avez-vous pensé ?
Ecrit par : dryade | 12.10.2008
coucou Dryade, bienvenue à nouveau chez les lentilles saison 2 .
Bon j'espère que tu vas mieux sinon.
y aura t- il une troisième saison, ça il fôdra demander à Doudou qui peaufine son projet et sa note pour le big bang forum ? mais il laisse planer encor' un peu le suspens...
en fait, on est deux à avoir lu le livre , plus Fleur peut-être depuis.
Les quelques commentaires sont sur le fil "le premier jour du reste de ta vie" qui est parti en live, dans tous les sens.
c'est diificile de parler de ce livre tant il est pudique, mais sous son ironie et son côté mordant, montre la vie déruite de cet homme avec ses enfants pas comme les autres.
un livre pas comme les autres sur un sujet qui pourrait être plombant et pourtant on se prête à sourire parfois. Comme tu le dis, le noir, la souffrance, sont sous jacents au livre. Tout est suggéré, rien n'est imposé, comprenne qui voudra
j'ai envie d'acheter ce livre, je l'ai emprunté à a biblio et lu très vite le matin dans le RER en partant au boulot. alors j'ai envie de reprendre ma lecture plus au calme. Certaines pages sont vraiment d'une justesse, d'un regard distant sur c'te vie.
Ecrit par : beabab | 12.10.2008
Je reviens sur ce que je t'ai dit Dryade, ya tout de même pas des masses de commentaires sur l'autre fil, euh, 2-3 lignes...
je suppose que tout le monde attendait ton retour pour en parler ici.
alors des nouvelles à ta lettre ?
Ecrit par : beabab oups | 12.10.2008
J'ai réussi à la faire acheter à mon club de lecture (un truc ou je suis la plus jeune avec des dames pleines de bijoux clinquants, des sacs longchamps, un abonnement à l'opéra et qui son toujours vadrouille à travers le monde, tout moi quoi !) Donc quand il arrivera à moi je vais pouvoir en parler plus.
D'ailleurs je les ai convaincue en leur lisant la lettre de dryade, elles étaient très touchées mes copines prout prout !
Ecrit par : grazie | 12.10.2008
Pas encore de nouvelles à ma lettre, mais je sais que J.L. F. est en ce moment au salon de Lire en Fête, mais pas à Marseille, hélas ! Par contre son bouquin est sur tous les stands de cette manifestation (nous y sommes allés hier Junior et moi).
Et je suis ravie si j'ai pu donner envie de lire ce livre. A bea : si t'as lu, tu as compris la fin de ma lettre. J'ai trouvé sa phrase trop désespérée, même si elle est réelle. De tout le livre, c'est cette dernière phrase qui m'a fait frissonner. Parce que tout le long, dans son récit, il conte des moments de vie, ce qu'il supporte (je parle de douleur, de souffrance), ce qu'il voit, et il semble tenir debout malgré tout, se battre. Et puis la fin, hop ! J'ai eu l'impression qu'il avait envie de baisser les bras.
Et ce qui m'a sauté aux yeux dans ce texte, c'est l'amour qu'il a pour ses gosses, même s'il s'en défend. Et l'amour d'un père pour son enfant, c'est pour moi quelque chose de vague, que j'ai peu vu autour de moi. Alors j'y suis d'autant plus sensible.
Ecrit par : dryade | 12.10.2008
oui, cette dernière lettre est comme un cri de rage, ce qu'il a dû encaisser en tant que père d'enfants handicapés... les espoirs de paternité envolés, du père, du grand père qu'il avait imaginé être....
Elle sonne comme un glas.
Ce qui est surprenant dans ce livre, c'est toute la distance qu'il arive à prendre avec la "tuile" qui lui est tombé dessus.
Il n'y a rien de pathos dans ce livre. Il arrive à nous fait sourire même si on sent bien le drame de ces vies. Il arrive même à mettre de la poésie en parlant de ces enfants comme de p'tits moineaux qu'il a aimé comme tu dis.
Je ne connaissais pas JL Fournier mais je crois que je vais m'intéresser de plus près à cet auteur.
Ecrit par : beabab | 12.10.2008
Vous me donnez vraiment envie de m'y mettre mais pour le moment je lis le dernier cyrulnik un homme qui me fascine par sa capacité à trouver une explication à ce qui est souvent insoluble pour moi !
Ecrit par : grazie | 13.10.2008
Je n'ai pas encore commencé le livre de Jean-Louis Fournier, j'en ai lu un de lui "j'irai pas en enfer", c'est tordant.
J'ai essayé de lire un livre de la mère Angot, mais ça me gonfle au dernier des points, et Dieu sait que je n'ai pas besoin que quoi que ce soit me gonfle, j'y arrive très bien toute seule.
J'ai eu ce week-end la visite de mon fils et de sa jeune femme, avec le bébé en devenir. C'était formidable, mais ce matin j'ai le blues car ils sont repartis et ne reviendront pas à Noël pour cause de naissance proche. Fin janvier, début février je pense que nous prendrons l'avion pour aller voir le dernier né de la famille, d'ici là, ça va être long.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 13.10.2008
Angot a pecu une avance indécente pour sa crotte de livre !
Le Clézio se bat pour que les jeunes éditent et les maisons d'éditions font dans le médiatique avec une même plus jeune qui écrit avec ses pieds !
Il habite loin ton fils fleur ?
Ecrit par : grazie | 13.10.2008
Angot, je n'ai lu que des extraits, et ça m'a suffi.
Elle me gonfle...enfin la littérature, c'est sa thérapie.
Mais bon si tous les gens qui ont vécu des drames, devaient se répandre dans une telle littérature, les psys pointeraient à l'ANPE.
je viens d'apprendre le décès de Guillaume Depardieu, fils de..je trouvais qu'il avait un réel talent, même plus que son père, qui s'est beaucoup fourvoyé et reposé sur ses lauriers tel Obélix.
je me rappelle des "Apprentis" et "Comme elle respire" , tous deux du réalisateur Pierre Salvadori.
Dans le 2ème film, Marie Trintignant avait le 1er rôle, comme quoi parfois la vie...
Ecrit par : beabab | 13.10.2008
Je trouve aussi que Guillaume, fils de... avait un grand talent., Julie aussi, d'ailleurs. Je pense que ces deux jeunes ont énormément souffert de la personnalité écrasante de leur père qui leur a plus fait de l'ombre qu'il ne les a aidés. Je me souviens de Julie qui avait reçu un prix ( meilleur espoir féminin, je crois) et Gérard, complétement pété est monté sur la scène et a fait de ce qui aurait dû être une joie pour elle, la honte de sa vie.
Pour en revenir à la mère Angot, je la déteste, enfin, sa littérature à l'eau de bidet. La même chose pour Catherine M. dont je n'ai jamais rien lu, mais le peu que j'en sais me suffit.
Je demande autre chose à un livre que la description d'ébats au plumard, avec des détails prosaïques ce qui les rend à peu près aussi érotiques qu'un cours de gynécologie.
Pour Grazie : Mon fils cadet vit en Macédoine, à Skopje. Ce n'est pas extraordinairement loin, mais c'est assez mal commode pour y aller car il n'y a pas d'avion direct. Il faut passer obligatoirement par Sofia pour avoir un vol pour Skopje.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 13.10.2008
Oui, je me rappelle aussi de c'te remise de César et j'avais eu la même impression que toi, Fleur ...il lui volait la vedette et ramenait tout à lui...on ne voyait plus que lui sur scène.
D'ailleurs chez les deux enfants, on sent la même fragilité, une sensibilité à fleur de peau...J'm beaucoup Julie D.
ben tes enfants , ils habitent quand même pas à côté Fleur. Pour te consoler, tu feras du tourisme comme cela ;-)
tiens, je vais me faire une soirée télé nostalgiepour changer, il y a "escalier C" de Tachella qui repasse sur Arte, avec que des inconnus à l'époque, Renucci, JP Bacri et Catherine Frot !
Ecrit par : beabab | 13.10.2008
Ben zut alors ce pauvre Guillaume il aura même jamais été heureux si ca se trouve. Je partage vos avis sur le talent de ce jeune homme et ce père encombrant pour ces mômes qu'il n'a pas du beaucoup voir et qu'il a quand même bien écrasé.
Angot Millet c'est pareil pour moi je ne veux rien savoir d'elles et en plus leur malheur c'est quoi au juste d'être des nanas petites bourgeoises qui s'ennuient et se regardent le nombril et tellement qu'il est mal ce nombril elles publient non mais vraiment c'est nul !
Ecrit par : grazie | 14.10.2008
Il a eu le prix femina si j'ai bien compris !
Bingo Dryade !
Ecrit par : herbertlecanard | 03.11.2008
Et Herbie, à propos de Fémina, t'aurais pas vu un film de bien ce WE ? MDR
Ecrit par : beabab | 03.11.2008
J'étais bien contente pour lui un prix fémina ça c'est la classe !
Ecrit par : grazie | 04.11.2008
Jean-Louis Fournier
Je viens de terminer le livre de Jean-Louis Fournier et je suis toute retournée.
Je ne trouve pas les mots, je ne suis pas aussi douée que toi, Dryade, pour exprimer tout ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre.
J'ai perdu mon premier enfant, une petite fille, décédée à l'âge de neuf mois, je pensais qu'il n'y avait pas plus grand malheur et là, je ne sais pas.
Mes deux fils adultes maintenant m'ont causé et me causent toujours bien des soucis et de grandes peines, mais on n'a pas le droit de se plaindre devant un tel malheur.
Son humour est vraiment la politesse du désespoir.
Merci Dryade.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 05.11.2008
Ma libraire a épuisé son stock de Fournier, elle n'en revient pas de cet engouement soudain et en même temps elle s'en réjouie (surement par mercantilisme, je deviens vilaine moi aussi)
Donc je l'aurai dans la semaine et je vais m'y mettre tout de suite.
Fleur je suis d'accord avec toi après la lettre de Dryade on ne peut plus rien dire.
Toutefois le malheur des autres si grand soit-il ne rend pas le sien plus minime, la souffrance est subjective c'est une des premières leçons de psycho, c'est dur a encaisser mais c'est vrai.
J'ai une tante qui a eu trois filles, la dernière est née 6 mois avant moi et à l'âge de 5 ans elle est morte d'une leucémie foudroyante. Ma tante a sombré dans une dépression qui dure encore et à chaque fois qu'elle me voit elle a un sursaut d'énergie pour critiquer tout ce que je dis, ce que je fais..... étrangement sans que l'on ne m'ait jamais rien dit de son comportement je ne lui en ai jamais voulu car la photo de cette petite fille sur le piano m'intimidait elle avait touché à une forme de perfection a laquelle je n'aurai jamais droit je n'avais donc qu'a me taire.
J'ai donc acquis la certitude qu'il n'y avait pas plus grand malheur que celui d'être la mère orpheline de son enfant.
J'ai entendu Fournier l'autre jour à la radio qui disait le bien que ce livre lui avait fait et surtout celui d'avoir des gens qui l'ont compris sans en faire un homme à plaindre.
Ce doit être terrible de voir ses enfants devenir des adultes sans avenir, avec la crainte de partir avant eux.
J'espère que je vais résister à cette lecture je suis un peu névrosée avec ce genre d'histoire après je panique au moindre rhume !
Ecrit par : grazie | 05.11.2008
Je n'aurais sans doute pas dû le lire car ma belle fille attend un bébé pour janvier.
Il faut se défendre absolument contre les idées noires que ce livre peut faire surgir en nous, mais en même temps, on sait très bien que ce genre de malheur arrive, et s'il ne tombe pas sur nour, il tombera sur quelqu'un d'autre.
Après la mort subite de ma fille, j'ai été des années sans pouvoir regarder un bébé. C'est la naissance de mon neveu qui m'y a obligée, ma soeur était malade et j'ai dû l'aider et m'occuper du petit. Ensuite, au bout de sept ans je me suis décidée à avoir un autre enfant, mais ça n'a pas été facile, et mon corps m'a bien fait comprendre que mon esprit et ma raison n'avaient pas tout compris. Les deux premières année de vie de mon fils ont été pour moi des années épouvantables, avec des crises d'angoisse, une santé délabrée et pas du tout le bonheur que j'espérais.
Ce que Jean-Louis Fournier exprime parfaitement c'est ce sentiment d'injustice que l'on ressent devant un coup du sort que l'on estime immérité, comme si jamais quelqu'un "méritait" une telle chose.
L'attitude de ta tante ne me semble pas tout à fait logique, elle t'en veut d'être vivante, mais comment est-elle avec ses autres filles ? Je sais bien que la logique n'entre que pour bien peu dans nos réactions.
On ne peut que saluer Jean-Louis Fournier d'avoir écrit ce livre, mais je suis assez pessimiste pour lui. La fin de son livre est glaçante.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 05.11.2008
Oh ben tu sais mes cousines ont beaucoup souffert du comportement de leur mère surtout quand elle a eu une autre fille qui est devenue l'unique à ses yeux !
Son attitude est typique de l'injustice dont doit parler Fournier.
Donc tu as deux fils avec beaucoup d'écart ?
Et tu es une anxieuse chronique !
Avant ma grossesse j'avais fait un stage dans une unité psychiatrique pour enfant dont un certain nombre avait des séquelles graves liées a un accouchement prématuré et bien j'ai eu trois grossesses complètement anxiogène ou je me voyais accoucher tous les jours !
Après quand on m'a dit que je pouvais sortir avec le nouveau né j'ai failli demandé à la sage femme si je pouvais la ramener juste la nuit car j'étais terrifiée par ses pleurs.
Du coup dès qu'elle pleurait je la mettais dans le kangourou et j'errais dans le 15ème en pleine nuit !
Bon après je me suis un peu soignée mais le mal était fait !
Ecrit par : grazie | 05.11.2008
Merci de tous vos commentaires sur le livre de Fournier. Je suis contente de vous l'avoir fait connaître. Moi, comme j'ai dit, j'ai acheté ce livre parce que j'achète tout ce qu'il écrit, tellement je l'aime. Et là, ça a été le choc. J'espère que les témoignages qu'il a reçus et ce prix, même si ce n'est pas grand-chose à côté de son malheur, j'espère donc que tout ça vont l'aider à ne pas foncer dans le cul-de-sac. Qu'il regardera plus loin !
Moi, avant, je pensais qu'il avait réussi sa vie : il écrit, il filme, il a du talent. Ben non, il a juste réussi DANS la vie. Réussir sa vie, pour moi, c'est réussir professionnellement, certes, mais aussi personnellement, affectivement, conjugalement, parentalement. Et ça me semble bien compromis tout ça pour lui. Il ne dit pas s'il est seul maintenant ou s'il a quelqu'un qui supporte la situation (rappelez-vous, il dit que sa femme l'a quitté, et qu'il a cherché une autre femme qui l'accepterait avec son fils). J'espère qu'il n'est pas tout seul.
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
Je crois avoir compris, mais Jean-Louis Fournier n'est pas quelqu'un qui "s'étale" qu'il avait rencontré quelqu'un. Son fils ne vit pas avec lui, puisqu'il est placé dans une institution pour handicapés.
Il fait une brève allusion à sa fille Marie, mais sans en dire plus long sur le sujet, je redoute là aussi une histoire douloureuse.
Dans le même ordre d'idée, je viens de lire le livre de Laure Adler sur le mort de son fils. Ce livre m'a laissé une impression mitigée.
je sais qu'elle a fait une sorte de procès à un autre écrivain dont j'ai oublié le nom et qu'elle accusait d'avoir fait un plagiat de son propre ouvrage.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 06.11.2008
Dis donc ça fait beaucoup de chose pour réussir Sa Vie !
J'ai peur d'en être loin d'un seul coup.
N'en dit pas trop je te rappelle qu'il m'attend chez ma libraire
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
Heu... tu ne parles pas de "tom est mort" de Marie Darrieussecq ?
Mais je crois que le livre en question était de Camille Laurens.
Je mélange tout ?
Pourtant; les sujets sont proches.
Ecrit par : herbertlecanard | 06.11.2008
@ Fleur : l'écrivain en question, je crois que c'est la fille de Mitterand, qui a écrit "Tom est mort" (je suis sûre du titre du livre, un peu moins de l'auteur mais je sais que c'est une nana connue). Et Laure Adler a fait effectivement un procès à l'écrivain, mais qu'elle a été déboutée.
Dans le même ordre d'idée, j'ai vu à a télé l'acteur Patrick Chesnais qui a écrit un livre sur la mort de son fils de 20 ans dans un accident de voiture. Je ne me suis pas senti le courage de le lire. Après Fournier, faut que je me remette les idées à l'endroit.
@ Grazie : mais non, c'est pas beaucoup de choses : réussir sa vie, pour moi, c'est être heureux. Ce n'est pas gagner plein d'argent ou être connu. Si mes moufflets sont heureux même en étant balayeurs (et je ne méprise pas du tout les balayeurs, c'est juste pour donner une image forte. Ma belle-mère, elle, méprise totalement les petites gens, et pour elle réussir sa vie, c'est gagner plein de fric et avoir le pouvoir. Le bonheur, l'amour et tout ça, elle s'en tape. Donc, aucun de ses 4 enfants n'a réussi sa vie), fermons la parenthèse, donc si mes moufflets sont heureux même en étant balayeurs, pardon "techniciens de surface", ben je serai heureuse pour eux. Donc, pour l'heure, j'ai 2/3 de mes mômes qui ont, je pense, réussi leur vie : heureux en amour, bien dans leur peau, un boulot qui leur convient même s'ils ne gagnent pas une fortune, donc je suis contente. Le dernier tiers, on verra ce qu'il fera (mais il a déjà un plan de vie et de carrière bien défini : il veut être archéologue, se marier, avoir trois enfants, et venir me voir régulièrement quand je serai vieille).
Et tu sais Grazie, avec tout ce que je t'ai dit quand tu es venue, tu peux voir que ma définition de réussite de sa vie ne s'appliquerait pas à moi non plus. Mais j'ai décidé que c'est MAINTENANT que ma vie est réussie (et il me reste peu d'années pour en profiter, vu que je ne vais pas, moi aussi, en rajeunissant avec le temps qui passe). Et donc, ne te décourage pas, tu vas y arriver toi aussi. Il y a un moment où les choses s'apaisent. Ou, si elles ne s'apaisent pas, on arrive à s'en foutre ! Et à partir de là, la vie est belle. J'en suis là et c'est chouette.
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
Voui herbie, je crois que c'est Marie Machin, et le livre c'est bien "Tom est mort". Et finalement je ne sais plus qui a fait un procès à qui. Moi aussi je mélange tout. Ah, la fille de Mitterand je crois qu'elle a fait un bouquin sur l'histoire des bébés congelés.
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
Non les filles le procès c'est entre Camille Laurens et Marie Darieusec la fille Mitterand n'a rien à voir là dedans.
Et je vous trouve bien courageuse de lire de tel sujet, moi ça me fait un peu fuir.
Dryade tu tournes à quoi en ce moment ?
Autant de béatitude me ravisse, je mesure ma chance chaque jour mais je suis de nature a craindre que derrière chaque bonheur se cache un part d'ombre prête à s'abattre sur nous.
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
Ben j'étais pareil grazie, quand j'étais bien je me disais qu'il allait me tomber une c…, une tuile sur la tête. Ce fut largement le cas. Alors maintenant, quand je suis bien, je me dis que je suis bien et je savoure. Et ça fait quelques années que ça dure. Et quelques petites années sur toute une vie bien remplie, c'est peu. Mais c'est toujours ça de pris sur l'ennemi !
Et je maintiens que la fille Mitterand a fait un bouquin sur les bébés congelés qui s'appelle "Les poupées…" quelque chose. Je me rappelle plus quoi.
Enfin, je maintiens, jusqu'à ce qu'on me prouve le contraire, bien sûr. Et je n'ai lu ni l'un ni l'autre comme bouquin.
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
Tu maintiens bien c'est "le cimetière des poupées" mais ça n'a rien a voir avec le deuil d'un enfant mort (enfin pas tout à fait)
Ce qui a opposé Laurens et Darieusecq c'est que l'une a vécu le drame et en a fait une parti de son oeuvre et l'autre a extrapolé.
Donc la première légitimant sa souffrance a accusé l'autre de l'avoir plagié cause qu'elle ne pouvait pas comprendre....
Comme si il fallait vivre ce que l'on écrit !
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
Exactement grazie ! Moi j'écris bien des nouvelles sur l'amour !
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
C'est en tant qu' archéologue que ton Junior viendra te voir quand tu sera vieille ?
Bon, je déconne. Pardonnes-moi.
Duga
Humour en ruines
Ecrit par : Duga @ Dryade | 06.11.2008
Vous avez tout bon. C'est bien Laure Adler qui voulait faire un procès à Marie Darrieuseq pour "Tom est mort" qui plagiait, selon elle son propre livre écrit sur la mort de son petit garçon.
Mazarine a commis un bouquin sur les bébés congelés, mais d'après elle ça n'a rien à voir avec l'actualité. Tu parles.
Pour le bouquin de Laure Adler je suis assez dubitative. Plus qu'un livre sur la douleur, c'est plus un réglement de comptes et une manière d'exorciser son sentiment de culpabilité, car elle était absente quand son fils a eu le malaise respiratoire qui l'a emporté.
A mille lieues du livre de Jean-Louis Fournier, tant au plan de l'écriture qu'à celui des sentiments.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 06.11.2008
Duga je suis pas sure qu'il y ait du faux dans tout ça !
Les miennes m'ont rassurée quant à mon avenir ma génération ne vivra pas aussi vieille que celle de mon père ce qui leur évitera l'épineux problème de la pension en maison de retraite !
Elles sont pragmatiques et retiennent parfois quelque chose du programme scolaire.
Dryade profite cette fusion va s'estomper !
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
Merci Fleur pour cet éclaircie d'auteurs qui se disputent.
J'avais entendu Laurens sur culture parler de son livre du coup j'ai cru que c'était elle.
C'est un peu minable comme comportement, ça me décoit de Laure Adler que je tiens pour une dame très cultivée et fort aimable.
Après le ressenti de chacun c'est un truc personnel pas forcément mercantile.
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
Mais bien sûr qu'elle va s'estomper ! Je l'espère bien ! Qu'il prenne son envol ce petiot ! Bon, je sais que ça me fera quelque chose, mais comme il viendra me voir avec sa femme et ses trois enfants, je supporterai ! Et oui, Duga, c'est en tant que sujet d'étude qu'il viendra me voir. Déjà que quand je lui ai raconté comment on vivait "à mon époque" : pas d'eau chaude au robinet, pas de salle de bain, pas de frigo, quant à la télé n'en parlons même pas ! il s'est écrié : "Mais tu vivais au Moyen-Age ?!". Le plus sérieusement du monde en plus. Et une autre fois, il y a déjà un certain temps, il me sort, cet innocent : "C'est drôle maman, toi tu vivais "à l'époque", et tu es toujours vivante !". Qu'est-ce que cette fameuse "époque" pour son jeune esprit ?
Ecrit par : dryade | 06.11.2008
Vivre au moyen âge c'est notre lot à tous pour la jeunesse, rien qeu le fait de ne pas avoir de portable !
Ecrit par : grazie | 06.11.2008
hé ho c'est fini les mémères, on dirait le club des tricots et traditions !
bon je déconne mais bon vous vous débrouillez pas si mal, vous êtes connectés aux lentilles, rhô l'autre, c 'est l'hopital qui se fout de la charité.
Bon, j'émets un doute, mais ce sont Marie Darrieusecq et Laurens, qui se sont prises à parti...Enfin surtout Laurens qui a accusé Darrieusecq de plagiat, ou alors c'est peut-être encor' plus compliqué que cela...
car il me semble bien qu'il s'est passé quelqu chose avec Adler, également !
Je trouve cela assez pitoyable, comme si on avait quelque droit sur son malheur, une exclusivité. Et comme aurait dit Coluche, "dans les milieux autorisés à penser"...bref ça montre surtout que la cicatrice est toujours grande ouverte, à vif. Le genre de drame dont on ne se remet pas.
Enfin Laurens, j'ai lu un de ces bouquins, celui qui avait eu tant de succès sur les hommes, moi ça m'a plutôt ennuyé sa littérature.
Sinon Dryade, j'admire ta philosophie de la vie, pour ma part, j'en suis resté à la théorie
Ecrit par : beabab | 07.11.2008
POur ma part je n'ai rien lu de Laurens mais par contre j'ai lu Darrieuscq et c'est pas joyeux !
Moi je me souviens de l'affaire de ces deux là mais pas de Adler, pas facile de vieillir !
Ecrit par : grazie | 07.11.2008
Ca y est je l'ai lu et je suis toute tourneboulée.
Pour savoir ce qu'est devenue Marie vous pouvez aller là
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/11/jean-louis-fournier-ou-on-va-jean-louis_1094098_3224.html
Ecrit par : grazie | 17.11.2008
coucou Grazie, c quand que tu nous rejoins dans notre deuxième fabrique, bon j'irai lire mais pas de tout de suite.
Là je dois y aller... Dryade devrait rééditer sa chronique sur le nouveau forum, j'ai emprunté "Tom est mort", je sais pas si je le lirais
Ecrit par : beabab | 18.11.2008
Je vais y venir j'attends juste d'avoir un peu de temps et surtout de traverser un moment un peu pénible qui occupe tout mon temps libre de penser. Je ne suis pas une fréquentation très drôle en ce moment donc je me cache un peu mais je pense à vous et je vais vous rejoindre très vite.
Ecrit par : grazie | 18.11.2008
Boooh courage, grazie...
Je ne sais pas de quel obstacle tu dois venir à bout, qu'importe (à mes yeux).
Je pense à toi.
Tu sais, il ne faut pas tant de temps pour te transférer de ci à là.
Je ne viens sur les lentilles que pour savoir ce que tu deviens et quand tu migres chez nous.
On se tient au courant d'une façon (blog) ou une autre (mail).
à tout bientôt, grazie.
Ecrit par : doudourou | 18.11.2008
bon courage, Grazie, quoiqu'il en soit .
Toute ma sympathie. Je t'embrasse.
Depuis la fabrique, je guettais tous les jours ton arrivée, je me disais aussi...
Reviens nous vite quand tu le peux.
Sinon c super fastoche de s'inscrire à la fabrique !
Ecrit par : beabab | 19.11.2008
Grazie, raison de plus pour venir te changer les idées !
Ecrit par : herbertlecanard | 19.11.2008
Merci à tous mais quelquefois se changer les idées est une telle montagne à gravir qu'il faut un peu de temps pour y arriver.
Ecrit par : grazie | 20.11.2008
Oui, c'est vrai, Grazie...
En tout cas on pense bien fort à toi, moi en tous les cas, et on te garde une place au chaud à la fabrique.
courage...
Ecrit par : doudourou | 20.11.2008
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