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21.10.2008
Gadjos, Gadjies tous dans la même galère


C’est un camp de gitans coincé entre la mer et l’autoroute. Ni pire ni meilleur qu’un autre, juste un camp ou l’on survie. Ce ne sont plus des voleurs de poules qui le peuplent, mais des voleurs tout courts, des éleveurs de coqs qui combattent, des hommes et des femmes qui subsistent de rapines et d’excès.
Pourtant Marco préfère ce lieu à la DDASS dont il vient de faire une énième fugue. Onze ans et déjà un passé de délinquant en devenir.
Accueilli par une belle mère en furie, il a juste voulu la brûler avec sa « camping », une tante qui n’a pas de place pour un gosse de plus, un père superbement irresponsable, un cousin nain éleveur de coq, et tout une bande de copains à qui il faut prouver que la main de fatma qui pend autour de son cou ne fait pas de lui un bicot. Il s’accroche le gamin, il y a dans son regard autant de détermination que de folie.
Il y a bien cette mémé qui se meurt, qui l’a un jour aimé mais ici la tendresse est pudique voire honteuse.
Caressez vos enfants à coup de poing il vous le rendront à coup de couteaux, sans méchanceté, ni vice juste pour ne pas être celui qui tombe.
Marco lui il voudrait arrêter de « chouraver » pour être celui « qui fait des pains au chocolats, le pain et tout ça quoi » il est drôle ce môme avec ces idées de bicot !
Chez les gitans il y a des codes, celui de ne rien balancer au « shmitt » de se faire confiance juste parce que tu en es de cette misère.
Les femmes n’adoucissent pas les hommes elles se louent ou se donnent à tous dans l’indifférence générale. Très tôt elles sont humiliés, battues, point de solidarité entre elles, les insultes font offices de communication quand ce n'est pas le crêpage de chignon en règle.
Les enfants poussent comme des herbes folles et quand on entend pas la télé on leur donne une bière, le silence à un prix dans la promiscuité.
Une seule certitude pour tous le malheur finit toujours par arriver, parfois avec le visage de la mort ou celui de la DDASS, ce qui se ressemble de près finalement.
Pas d’horizon pour celui qui veut s’instruire, d’ailleurs la mémoire est orale pas de chichi pour une communauté depuis toujours chassée et crainte.
Tout se joue sous nos yeux, on est scotché à son siège tant ce film est intelligent, solaire, violent. La lumière est aussi lumineuse que le petit Marco, le trait n’est jamais forcé et Karim Dridi réalise une œuvre singulière qui dénote du nombrilisme ambiant.
Khamsa est un film à découvrir, de ceux qui restent en mémoire, plus noir qu’un Kusturica et plus aboutit qu’un Kechiche.
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Commentaires
Dans votre forum je pourrais avoir une signature automatique ?
Non parce que c'est une maladie chez moi de ne pas signer
Grazie
Ecrit par : grazie | 21.10.2008
En tout cas, ta critique donne envie, mais quand tu dis que c'est plus noir que Kusturica, je sais pas trop, ça me fait un peu peur...j'ai envie de sucreries ces temps-ci, pas de me coltiner avec la réalité, va savoir pourquoi.
Ecrit par : beabab | 21.10.2008
Ce film c'est du réel à plein nez, il n'y a pas la fantaisie de kusturica, peut-être parce que nous sommes chez les gitans et pas chez les roms?
Il y a quand mêmem quelque moment de grâce ou l'on souris.
Ecrit par : grazie | 22.10.2008
Tu vois, Grazie, que tu fais des critiques aux petits oignons!
J'avais aimé de Karim Dridi le film "Bye bye", se passant à Marseille, déjà.
Je l'ai entendu à France Culture
- dans "Projection privée" de Michel Ciment -
où il évoquait comment il avait travaillé pou "Khamsa",
pour se faire accepter, etc...
Kusturica... Kéchiche...
S'il y a quelqu'un à qui Dridi me fait d'avantage pensé, c'est Tony Gatlif, non?
Cette espèce d'esthétique sèche et punchy.
Gatlif a fait plusieurs films où la musique tient un grand rôle,
mais il n'a pas fait que ça.
Moi j'aime bien Tony Gatlif.
Ecrit par : doudourou | 23.10.2008
J'ai vu Tony un soir de sortie de la vierge noire au sainte marie il grattait avec del platas, et chico c'était un moment très fort ces femmes qui dansaient, les gosses qui couraient partout, c'était un peu cliché mais il y avait une fraternité très forte entre eux, ce soir là du moins !
C'est fou le nombre de gens que ce gars a rencontré, parfois certain naissent sous une bonne étoile
http://tonygatlif.free.fr/tonybio.htm pour ceux qui veulent le découvrir.
Je n'avais pas fait référence je ne sais pas pourquoi peut-être qu'il est trop grand pour avoir des petits ?
En tout cas Khamsa entre dans la trempe de "exil" la recherche des origines et leurs ambivalences sont au coeur du sujet.
Sauf que maintenant on installe plus d'écran de ciné pour faire venir les gitans à l'école on les attend avec les menottes pour les ramener chez eux.
Ecrit par : grazie | 23.10.2008
Oui, en même temps, ce n'est "que" du cinéma et parmi ceux qui iront voir ce film, combien changeront de point de vue sur les gitans, les roms, peut importe le nom qu'on leur donne.
Dans ma ville, il y un terrain dévolu aux "gens du voyage" comme on dit en politiquement correct. Je l'ai traversé un jour, ce terrain et j'ai eu honte. Un seul point d'eau, des rats, en plus ce terrain est en bordure d'un fleuve qui sort relativement facilement de son lit. Les caravanes sont dans la boue, c'est absolument révoltant. Mais les "bonnes" gens disent :"comment font-ils pour se payer des caravanes comme ça, nous on bosse et on ne peut pas" et autres fariboles du même tonneau.
On aime les gitans à condition qu'ils se contentent de jouer de la guitare,comme Django Rheinart, mais pas question de leur faire confiance. Si un vol est commis, c'est dans leur campement que se rendent immédiatement les policiers.
J'ai peur de tout ce qui stigmatise un groupe de personnes, même si c'est par bon sentiment.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 25.10.2008
Personne ne changera d'avis sur les gitans, c'est sur depuis la nuit des temps ils sont chassés.
Et ce n'est pas un film qui y changera quelque chose mais celui ci ne stigmatise pas et ne fait pas d'angélisme c'est ce qui m'a beaucoup plu.
Ecrit par : grazie | 27.10.2008
Merci, je me suis un peu énervée sur ce coup là, c'est un sujet qui me fait l'effet du poil à gratter.
Ecrit par : Fleur d'Hiver | 27.10.2008
Je comprends bien fleur c'est un peu la même chose pour moi je suis exaspérée par le racisme ordinaire, arabe sur une mob = voleur noir au travail = fainéant asiatique= fourbe......
c'est consternant mais on ne peut rien y faire.
Hier au semi marathon j'ai sympathisé avec un groupe de gens déguisé en bagnard dont l'un était gitan et il a plaisanté de ça tout le long et à l'arrivée ils m'ont offert une bière (que je regrette encore d'avoir bu tant elle m'a retournée l'estomac) comme quoi hors contexte on oublie nos différences !
Ecrit par : grazie | 27.10.2008
Tous est si joli! je n'ai pense jamais que etre plus noir que Kusturica est une chose mauvais))) Je ne suis pas un raciste s'est pour qoui cette phrase est si amusant pour moi))) bonne chance!
Ecrit par : George - Familienrecht Rechtsanwalt Stuttgart | 25.02.2009
Il me semble que le theme des gitans ne prendra jamais un grand interet dans le cinematographe ou encore quelque part. Ils sont partout, dans tous les pays du monde et nous pouvons les regarder dans la vie reelle. Mais le film, ca doit etre interessant d'apres votre critique.
Ecrit par : Andrew | 25.02.2009
Moi aussi, je n'ai jamais vu ce film, mais cette critique et les commentaires au-dessous de cette article me font croire que il est valable etre vu! Dans votre blog vous avez fait un bon réclame pour le film!
Ecrit par : Kian - Emo Kid | 26.02.2009
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