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23.10.2008
Je vais bien tout va bien.....

Thomas H Cook
« Les feuilles mortes »
Série noire Gallimard
Une jolie maison avec son superbe jardin, son érable du Japon majestueux, la vie qui s’est montrée généreuse avec cette famille d’Américain moyen dans une petite ville sans histoire, voilà la carte postale qui plante le décor.
Eric aime Meredith qui elle aime son mari et son fils. En apparence tout va bien, c’est l’harmonie sur terre.
Keith, le fils, est un ado mutique qui vit reclus dans sa chambre, sans que nul n’y voit à redire, ces choses là finissent par passer « mais qu’est-ce que je savais, à ce moment là ?......rien. Et que fait-on lorsqu’on ne sait rien ? On poursuit sa route….on progresse en terrain miné,….l’épilogue sera dramatique »
Après avoir gardé une adorable petite fille du quartier, qui disparaît le lendemain, Keith est le premier suspect. Commence alors les sentiments les plus ambivalents chez son père. D’abord serein, son fils n’est pas un pervers, puis le doute, que faire si c’est lui ?, et enfin l’effroi, comment pourrait-il faire une chose pareille ?.
« L’illusion c’est qu’une journée normale annonce un lendemain normal »
Car alors son enfance lui saute aux yeux, il commence a enquêter à tirer des conclusions qui n’ont pas lieu d’être, à craindre une hérédité, avec ce frère raté et sans ambition, son fils n’est qu’un gamin mal dans sa peau il faut le défendre. « Le soupçon est un acide. Il ronge tout ce qu’il touche. Il s’attaque à la surface des choses en y laissant une marque indélébile » Des pensées malveillantes se font de plus en plus nombreuses.
Le soupçon oblige à une extra lucidité qui se vit dans la plus grande solitude. Et si toute sa vie était un leurre ? Si les apparences avaient été plus importantes que la recherche du bonheur ? Ce gosse au regard vide est-il celui que j’ai élevé ? Quel père est-on quand on laisse son fils vivre enfermé à double tour dans un espace que l’on ne franchit plus depuis trop longtemps ?
Tout vole en éclat, des mots tranchants sont lancés et le mal est irréparable. Une lueur viendra mais à quoi bon quand le pire est fait. La confiance est un sentiment fragile et le désespoir de retenir ce qui s’effrite ne fait pas d’un homme un héro.
Le ton de ce livre peut sembler un peu froid parfois, limite sans émotion, mais le récit se veut d’une objectivité dérangeante, l’auteur nous bouscule, on est dans la peau de ce père trahit, on plaint ce gosse fragile, on pointe du doigt le malaise que notre bonne conscience repère si bien. Mais quand on effleure une vérité une autre surgie, rien n’est écrit et bien des maux sont inaccessibles.
Un polar ou l’enquête n’est pas le centre du livre mais ou l’humain se révèle parfois bien maladroit pour aimer à plus forte raison quand il en donne l’apparence.
Grazie
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Commentaires
Le thème me fait penser à une sortie poche du moment :
"il faut qu'on parle de Kevin" ( titre on ne peut plus moche).
Chouette critique Grazie.
Ecrit par : herbertlecanard | 24.10.2008
OUi je me souviens de ce bouquin, il m'avait interpellée et au final j'avais eu un peu peur que ce soit racoleur.
Merci herbert c'est sympa.
A mon humble avis la réussite de ce bouquin c'est bien de montrer combien le doute peut à tout moment rendre une situation ordinaire suspicieuse et étrange.
Ecrit par : grazie | 24.10.2008
idem pour Kevin (et puis... ce titre !)
Ecrit par : herbertlecanard | 24.10.2008
c'est vrai que ce titre est un peu repoussant !
Ecrit par : grazie | 24.10.2008
Belle critique,
la suspicion, le doute en fait plus généralement qui peut vous ronger, c'est un thème toujours difficile à aborder ; surtout dans le polar. En cinéma, nous avons le film d'Hitchcock, "Fenêtre sur Cour".
A mon avis, le hic de ce genre de livres (pas de celui-là précisément puisque je ne l'ai pas lu) c'est que bien souvent, on se sent complètement mené en bateau par l'auteur. C'est souvent récurrent dans le polar.
Un bon polar doit vous donner les éléments pour vous permettre d'évoluer dans la lecture avec vos sentiments, votre perception des personnages. Si des éléments vous sont sciemment cachés, rien de plus facile ensuite de vous faire le coup du bon vieux rebondissement final.
Ce n'est peut-être pas le cas ici ; je l'espère (en fait, par quelque moyen détourné, je te pose la question Grazie)
Ecrit par : télétubs | 25.10.2008
Ce qui m'a plu (je ne suis pas experte en polar mais tu sais que j'aime ça quand même) c'est justement l'expertise à laquelle il se livre, cette façon distanciée de se voir tel qu'il n'a jamais pu le faire auparavant. Mais à force de vouloir être honnête il déforme une autre vérité et finit par se perdre dans ses propres conjectures.
Au fond c'est un homme qui s'est voulu ordinaire, que les apparences ont sauvé en ce sens et qui vit une situation à laquelle nul n'est préparé.
Et l'on ressent précisément ce que tu décris si bien, cette évolution dans la lecture en terme d'histoire mais surtout en terme de sentiment.
J'espère qeu j'ai répondu là non ?
Ecrit par : grazie | 25.10.2008
C'est bien comme critique, ça me donne envie de lire le livre, qui a plus l'air d'être un roman psychologique qu'un pur polar.
Je crois que ça doit rendre fou à moitié, quand on commence à se dire que tout ce qu'on a vu jusqu'à présent était déformé, quand on a l'impression que tout est légèrement décalé, quand la réalité n'est plus la même que la veille, et surtout, qu'on ne sait pas bien en quoi, et où on a bifurqué.
Ecrit par : Audine | 26.10.2008
que dire de plus, ça a l'air pas mal du tout comme polar
et sinon, Grazie, cette course, tu nous as bien représenté, ô l'autre le cul cloué devant son clavier !
bon, je viens d'aller faire un p'tit tour sur le wizz ! c vrai que j'aime pas l'ergonomie qui pousse pas trop à aller voir le contenu... c aussi bête que çà.
Ecrit par : beabab | 26.10.2008
J'ai fait ce que j'ai pu avec mon dossard mais c'était pas trop mal.
dryade à fait une photo mais je sais pas comment on met ça sur le blog!
Ecrit par : grazie | 27.10.2008
Dans le meme style (ou presque), j'ai lu "inversion" de Brian Evenson. Je ne dois pas être faite pour le roman noir,
je me suis terriblement ennuyée (sic), malgré de bonnes critiques.
Par contre, je viens de lire aussi "les vagabonds de la faim" de Tom Kromer, et Abattoir 5 de Kurt Vonnegut, qui pour l'instant me plait grave.
Bon, faut se mettre au forum, marre du bordel ambiant !
Ecrit par : herbertlecanard | 27.10.2008
Il faut absolument que je lise vonnegut un jour, encore un parmi tout les autres que je dois lire.
OUI va pour le forum, comme ça je vous enverrai la photo de mon dossard et le temps honteux qui fut le mien !
J'ai quand mjême fini derrière le journaliste de FR3 région paca ! donc avec les caméras !
Ecrit par : grazie | 27.10.2008
On m'a offert "kevin", il parait que c'est bien.
Je te dirais si le titre reflète le roman.
Ecrit par : herbertlecanard | 28.10.2008
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