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02.11.2008
Dernier Maquis

Dans une entreprise de récupération – recyclage de palettes de bois, située en bout de piste de l’aéroport de Roissy en France, dans le 9-3, le patron, qui se prénomme Mao, musulman et originaire d’Afrique du Nord, décide d’être meilleur musulman en aménageant une mosquée dans le garage de l’entreprise. Ses ouvriers sont eux-mêmes tous musulmans. Les manœuvres sont des africains d’Afrique noire, les mécaniciens sont d’Afrique du Nord.

Tti, lui, conduit des chariots automoteurs, il est très mat de peau, et plutôt copain avec les mécanos. Il veut aussi gagner son paradis et se convertit. Dans un mélange d’enthousiasme naïf et d’ambition, il s’auto-circoncit et manifeste le désir d’être imam.

Seulement Mao nomme lui-même l’imam, qui est le peintre de l’entreprise, nord africain un peu illuminé, soit vêtu de sa combinaison rougie par la peinture des palettes à laquelle un masque minimal est ajouté, soit revêtu de sa robe et son chapeau de religieux.
Alors, les ouvriers de Mao, qui ont jusque là supporté des heures de travail non payées, n’acceptent pas cette nomination d’imam alors que les règles précisent que l’imam doit être choisi démocratiquement – encore que, d’après ce que j’ai compris dans divers écrits lus ça et là sur le Net, il s’agirait là d’un débat entre chiites et sunnites.
Toujours est il que cette question va déchirer l’ensemble de l’entreprise.
Il s’agit du troisième film de Rabah Ameur-Zaimeche, après Wesh Wesh et Bled Number One, qui joue magnifiquement le rôle du patron, ambigu à souhait, et qui reste malgré tout assez mystérieux, intériorisé.
D’ailleurs tous les acteurs sont formidables, criant de vérité, attachants.
Mais le véritable premier rôle revient aux palettes entassées, rouges, menaçantes et protectrices, filmées comme des installations d’art moderne.
Le film reste dans la tête une fois que l’on est sorti de la salle : il s’agit d’un film qui tourne le dos à la facilité, respecte une très grande beauté formelle et aborde des sujets complexes sans tabous, voire un sujet rarement abordé par les réalisateurs français, le monde de l’entreprise, les rapports sociaux et la religion dans l’entreprise.

Une réelle œuvre, un film à retenir, qu’on ne peut faire autrement que retenir.
Publié par Audine
16:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note



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Trackback par : ïîòîëîê âàç 2ìîëîäûå | 10.03.2009
Commentaires
Ce soir j'avais le choix entre celui là et "la vie moderne" et finalement depardon a gagné, mais je tiens celui là sous le coude.
C'est bon de relire tes critiques ciné.
Ecrit par : grazie | 03.11.2008
et ben ce we, je suis même pas allé au ciné, je retiens celui-ci.
Ecrit par : beabab | 03.11.2008
Oui je crois que vous ne le regretterez pas.
C'était amusant, les échanges au Masque sur France Inter hier.
"Dernier Maquis" a été conseillé, mais sans qu'il n'y ait eu assez de temps pour développer snif.
Depardon, j'ai peur que ça m'ennuie un tantinet ...
Grazie, est ce que c'est ennuyeux ?
Ecrit par : Audine | 03.11.2008
Ben c'est Depardon on peut pas dire qeu ce soit rythmé, l'évènement de la ferme qui se meurt c'est quand pépé vend ses vaches !
C'est vraiment un monde à part qeu celui des paysans des cévennes.
Par contre la salle était pleine !
Ecrit par : grazie | 04.11.2008
très beau film !
Ecrit par : cactus sous Cactus | 07.11.2008
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