26.08.2008

C'est l'été, baby, ne pleure pas...

Oui, c'est encore l'été, encore un peu...

 

Dans le cadre de ma série sur les reprises,

je vous propose quelques versions de "Summertime".

 

"Summertime", vous savez, la composition des frangins Ira & Georges Gershwin,

figurant dans l'opéra "Porgy and Bess" (1935).

C'est une berceuse ("hush baby, don't cry..."),

chantée par le personnage de Carla (une autre!)  au premier acte.

L'action est dans le fictif quartier de "Catfish Row" en Caroline du sud,

au début des années 30,

parmis les afro-américains défavorisés, forcément défavorisés.

 

La version quasi originale, ci dessous,

interprétée par la soprano Anna Brown,

est tirée  du film "Rhapsody in Blue" (1945).

 

 

La chanson a fait des émules,

et d'air d'opéra (certes "bluesy") est devenu un standard de jazz,

comme tant d'autres compositions de Gershwin.

La voici entre les mains d'Ella Fitzgerald, à Berlin en 1968.

Cette version, a mon avis, frôle le sublime...

 

 

Une toute autre version une version "hot", presque "x",

celle de Keith Jarett, en 1987 à Tokyo,

dans son célèbre style théatrale!

Ah! quand Jarret agite ses petites fesses!

Il jouait du piano debout et pour lui ça voulait dire beaucoup....

- mais si, mais si... j'aime bien cette version! -

 

 

De standard de jazz, maint et maint fois repris,

"Summertime" passe au répertoire rock.

Telle cette ré-interprétation déchirée-sublimée de Janis Joplin,

captée en1969 à Stockholm, qui transforme la berceuse en plainte infinie,

en "de profundis".

 

 

Mais le résultat n'est pas toujours aussi heureux,

même parfois carrément bizarroïdes...

telle cette version "dansée" de Devendra Banhart,

et sa célèbre voix bêlante et chevrotante,

- allez!... je provoque! -

 

 

Le hip-hop devait bien s'en emparé,

c'est quasiment inévitable,

avec cette sympatoche version de Sublime & Pharcyde...

 




Doudourou

(de retour aux affaires)

 

02.08.2008

Abbey Lincoln

620.x600.music.lincoln.opener.jpg

On parlait de musique un peu plus bas, dans les commentaires.

Je ne résiste pas à la tentation de vous faire découvrir quelques extraits d'un disque que j'emporte avec moi cet été.

C'est "Abbey sings Abbey" de Abbey Lincoln.


Cette grande dame de la Great Black Music (qu'on peut aussi appeler "jazz")

y chante des compositions qu'elle a écrite au fil du temps.

Abbey Lincoln est une grande vocaliste dans la tradition de Billie Holiday,

mais aussi une militante de la lutte pour les droits civique, et une actrice.

Dans sa jeunessse, avec son mari le batteur Max Roach elle a gravé de disque de révolte, de cris, de colère.

Ici il s'agit d'un disque apaisé.


Mais où on retrouve toute la dignité, la noblesse, la droiture, la force de son chant.

 

Une classe folle

 

J'ai ajouté à la fin une chanson d'elle des années 60.

 

Ce qui faut savoir sur Abbey.

13.07.2008

Fais gaffe au Crocodaïlllllllllle!!



Le grand Jacquot national,
le grand Jacques Higelin,
au plein de sa forme
- 68 ans, quand même... -
au Bataclan en Novembre 2007,
extrait d'un DVD documentant une série de concert,
où Doudourou et le Croco s'étaient rendu... de concert.

Pas beaucoup de commentaire,
tant le contenu musicale,
poétique,
et l'à-propos politique s'impose de lui-même.

Quel sacré bon groupe de vrai bon rock qui sue il a en ce moment le Jacquot!
(même si le gutariste en fait un peu de tonnes dans son rôle de guitare-héros...
mais le batteur est, lui, tout bon!))

Marrant aussi comme Higelin tend à ressembler physiquement de plus en plus à Philippe Sollers, non?


Doudourou

08.07.2008

un wonderful monde?

Pour ré-attaquer ma série sur les reprises,
je voudrais mettre la barre très haut et poser là,
comme ça, direct, crac, à brule-pourpoint,
une question philosophique, métaphysique s'il en est :

le monde est-il merveilleux?

Première partie (thèse) : oui.
Oui, parce que les papillons, les petits oiseaux, les couchers de soleil, les p'tit n'enfants, tout ça...

C'est ce que veut démontrer la chanson de Bob Thiele et George David Weiss,
enregistrée pour la première fois par Louis Armstrong en 1967.
La chanson fut un hit en 1968, ce qui lui valu d'être incluse en 1988 dans film "Good Morning, Vietnam".
Dans ce film, elle offre un contrepoint aux images de guerre du Vietnam qui faisait rage en 68.
C'est ainsi que le film a relancer la carrière de la chanson,
ouvrant la porte à toute une légion de reprises.

Le monde est tout beau,
c'est l'avis de Rod Stewart,
qui nous offre ici une version flamboyante,
comme seul Roddy peut le faire,
quand il est vraiment en forme :



Plus fort encore?!?
Si, on peut! :
Israel "IZ" Kamakawiwo`ole, le plus célèbre crooner obèse de Hawaï
- que dis-je, du monde entier et de tous les temps -
dans une version pas piquée des hannetons,
avec guitare hawaïenne comprise dans le forfait
(Remarque, c'est vrai que c'est jolie Hawaï, comme île). :




Dans la même école de pensée, voici le pompon,
interprété par André Rieu,
dans une version qui fait date dans l'histoire de la musique occidentale du 20ème siècle,
avec une mise en scène qui parvient à se hisser au sommet de l'événement :




Mais n'oublions pas les versions zimpérissables de la merveilleuse Céline Dion
ou encore de Kenny G, le pire saxophoniste de l'histoire du jazz,
j'en passe et des pires...

Tous ceux là et tant d'autres ont élevé cette chanson, qui n'en demandait pas tant, au rang d'hymne universel de tous les optimistes béats et des bisounours de tous poils, au rang de guimauverie imbouffable et odieuse.

Deuxième partie, antithèse : ben non, pas si merveilleux le monde :
voyez les guerres, les maladies, la pauvreté, les impôts, la pollutions, Sarkozy, ma belle-mère (pardon Fleur d'Hiver!)...

Parmi les dubitatifs, les sceptiques,
voici Shane Mac Gohan (chanteur des Pogues) et Nick Cave (chanteur de lui-même et de Nick Cave and the Bad Seeds)
dans un duo cafardeux de 1992, qui fleure bon la neurasthénie...
une version à chialer le nez dans sa énième Guiness :



Plus énervés, la version Joey Ramone,
le sympatique punk New-Yorkais,
qui nous offre une version sans nuance de la chanson :




Troisième partie : synthèse : oui le monde est beau mais moche aussi.
Malgrès le fait que le décors est joli,
il faut bien reconnaitre que la connerie humaine et certains autres désagrément gâche le tableau.

C'est le sens que je donne à la version princeps de ce bon Louis Armstrong,
pas le cycliste, pas le cosmonaute,
l'autre, le gentil nègre trompettiste et chanteur,
mais néanmoins génie.
Car Armstrong, à mon avis, n'est pas naïf.
L'auteur de "Black and Blue" a bien connu le racisme, la discrimination sociale et autres joyeusetés.
S'il affirme malgrès tout un certain optimisme,
je vois dans son rictus pas mal d'ironie.




Enfin,
si on veut bien oublier le torrent d'eau de rose qu'a engendré cette chanson,
on peut admirer la mélodie toute nue,
interprétée avec une vrai émotion sincère pas grandiloquente du tout,
par le saxophoniste Georges Adams,
accompagné du pianiste Don Pullen :




"Wonderful" Doudourou
(j'ai quelle note au rattrapage du BAC?)

02.07.2008

Erotisme




Formidable non ?

Emma Stanton