18.07.2008
Pitié, pas de buisson ardent...
Tu erres dans le désert.
Mais un désert qui résonne. Alors, tu clames bien fort : « hé ho ! » et rien d’autre que ton « hé ho » qui te gifle la joue gauche et la joue droite, qui te pilonne le bide.
Y a-t-il un oasis quelque part ? Un truc pour se rassasier ? Pour se protéger du soleil ? C’est un truc à douter de la véracité de ce qu’on raconte dans la Bible (sic). Moïse traversant le désert, en sandales, avec une gourde mince comme un intestin de chat. Tu y crois, toi ?
Y a-t-il une vie après la mort ? On voit bien par exemple que cette question n’a aucun intérêt. Ça voudrait dire que la mort dure, s’arrête et qu’on recommence. Non, si c’est ça, j’en veux pas, j’ai fait assez le poireau dans d’éprouvantes files d’attente (cinés, musées, boulangeries, glaciers, supermarchés, supermarchés de la culture, commissariats – et oui ! – organismes sociaux, pistes de skis, locations de vélos, bureaux des écoles, autoroutes), attendu assez, l’oreille collée au combiné pendant que Getz ressasse le même passage isolé de son déliquescent Impanema, que Brubeck me donne une vague idée de l’anti-swing ramollo, un truc à te donner des idées d’invasion de la Turquie, que Mozart te donne le la de sa 41ème boursouflure… Non, moi, ce que je veux savoir, c’est s’il y a une vie pendant la mort. Voilà !
Bref, le désert, c’est long, c’est ennuyeux, c’est chiant comme la mort sans la vie.
Hé ho ! (hé ho me répond mon écho).
Hé hé ? (Hé hé hé hé se moque mon écho).
Tu y crois que je vais trouver la hutte de Jethro et plein de filles assoiffées d’hommes, en plein désert ? Pourvu que je ne tombe pas nez à nez avec un buisson ardent, parce qu’il n’est pas joueur : tu t’es tout tapé dans un sens au péril de je ne sais même plus quoi, de ta carcasse allez, et le buisson ardent en te demandant si ça va, si ta nouvelle nana te convient, si tu t’es bien rassasié, si tu te sens bien dans ta nouvelle famille, avec ta nana, tes belles-sœurs et ton beau-père hyper conciliant, te demande, sans possibilité de lui refuser, de refaire tout en sens inverse et d’aller propager sa colère un peu partout…
Oh, bon sang, pourvu qu’il n’y ait pas de buisson ardent.
Ça urge !
Alors, tu cries plus fort : Hé ho ! Lentille, es-tu toujours vivante ?
Tivitioub
Peinture : Marc CHAGALL, Moïse devant le Buisson ardent, Musée National, Nice
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03.07.2008
Con que je suis...

Con que je suis. J’espère encore. Con que nous sommes à espérer un monde un peu moins dégueulasse. Mais enfin, c’est vrai, pourquoi on s’emmerde à essayer de vivre les uns avec les autres, alors même qu’on peut créer des distinctions, dresser des clôtures et décréter, son petit chapeau mou mal vissé sur sa grosse tête rouge, ici, tu vois, c’est chez moi, et là c’est chez toi.
Pourquoi on s’emmerde à essayer de tuer le Néanderthal qui gueule en nous ? C’est bien plus simple de s’accepter tel qu’on est, de nourrir ses défauts, de les gaver même, c’est bien plus simple de penser que les choses sont telles qu’elles sont, qu’elles sont immuables et que remuer la tambouille du progrès humain, c’est se faire du mal et renifler du fumet faisandé de l’avant-veille…c’est saumâtre hein ? Ah non, suis-je con, c'est bien-pensant ! Ou politiquement correct, c'est ça qu'on dit !
Pourquoi on se fait chier à participer alors que c’est bien plus facile et drôle de jouer les rôles simultanés de « starter » et juge de ligne ; on est au départ et à l’arrivée, pendant la course, on se régale, on se fout de la gueule de ceux qui trébuchent, de ceux qui se viandent, de ceux qui se claquent les adducteurs ou se déchirent les tendons…
Excusez-moi d’être passablement énervé mais s’il y a bien un concept merdeux qui me court sur le haricot ces derniers temps, c’est le concept de bien-pensance. C’est un truc inventé par de gros cons infoutus de comprendre le monde dans lequel ils vivent pour discréditer d’emblée tout individu qui tente d’intégrer dans sa pensée l’Autre. Allons même jusqu’à l’empathie, ne soyons pas chien ! Un truc inventé par des cons qui chaque jour ressassent leurs pensées de cons et qui rêvent de ce jour béni où on leur dira qu’ils n’ont pas à s’en sentir coupable. Comme si con que nous sommes, nous allions leur dire que leurs pensées de cons ne sont guère que de petites faiblesses humaines et qu’elles méritent commisération et apitoiement.
Je suis chrétien mais on atteint là mes limites. Un con qui pense comme un con peut bien continuer à jongler avec ses petites balles en mousse pleines d’ignorance si ça lui chante, mais qu’il ne vienne pas me dire que je suis bien pensant. D’une part, s’il souhaite mal penser, ça le regarde. D’autre part, qu’il ne vienne pas me contaminer avec son néant déguisé.
Puisque ces cons là rêvent d’un monde cloisonné où ils pourront à loisir exercer leur connerie, qu’ils suivent l’exemple du Temple du Peuple, qu’ils nous libèrent de leur présence et de leurs idées de cons. Nous sommes prêt à leur céder des terrains en Picardie. Qu’ils bâtissent leur DisneyLand de la connerie nombriliste, nous l’appellerons BadThinkin’Land. Il y aura des débats qui ne viseront rien d’autre que démonter les autres, et vice versa. Et le jour où ils seront murs, on me déguisera en Jim Jones pour leur offrir la potion qui les libèrera et qui nous libèrera de leur grande gueule par l’occasion.
Tivitioub
(ne me demandez pas pourquoi,
je vous répondrais parce que...)
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