08.07.2008

un wonderful monde?

Pour ré-attaquer ma série sur les reprises,
je voudrais mettre la barre très haut et poser là,
comme ça, direct, crac, à brule-pourpoint,
une question philosophique, métaphysique s'il en est :

le monde est-il merveilleux?

Première partie (thèse) : oui.
Oui, parce que les papillons, les petits oiseaux, les couchers de soleil, les p'tit n'enfants, tout ça...

C'est ce que veut démontrer la chanson de Bob Thiele et George David Weiss,
enregistrée pour la première fois par Louis Armstrong en 1967.
La chanson fut un hit en 1968, ce qui lui valu d'être incluse en 1988 dans film "Good Morning, Vietnam".
Dans ce film, elle offre un contrepoint aux images de guerre du Vietnam qui faisait rage en 68.
C'est ainsi que le film a relancer la carrière de la chanson,
ouvrant la porte à toute une légion de reprises.

Le monde est tout beau,
c'est l'avis de Rod Stewart,
qui nous offre ici une version flamboyante,
comme seul Roddy peut le faire,
quand il est vraiment en forme :



Plus fort encore?!?
Si, on peut! :
Israel "IZ" Kamakawiwo`ole, le plus célèbre crooner obèse de Hawaï
- que dis-je, du monde entier et de tous les temps -
dans une version pas piquée des hannetons,
avec guitare hawaïenne comprise dans le forfait
(Remarque, c'est vrai que c'est jolie Hawaï, comme île). :




Dans la même école de pensée, voici le pompon,
interprété par André Rieu,
dans une version qui fait date dans l'histoire de la musique occidentale du 20ème siècle,
avec une mise en scène qui parvient à se hisser au sommet de l'événement :




Mais n'oublions pas les versions zimpérissables de la merveilleuse Céline Dion
ou encore de Kenny G, le pire saxophoniste de l'histoire du jazz,
j'en passe et des pires...

Tous ceux là et tant d'autres ont élevé cette chanson, qui n'en demandait pas tant, au rang d'hymne universel de tous les optimistes béats et des bisounours de tous poils, au rang de guimauverie imbouffable et odieuse.

Deuxième partie, antithèse : ben non, pas si merveilleux le monde :
voyez les guerres, les maladies, la pauvreté, les impôts, la pollutions, Sarkozy, ma belle-mère (pardon Fleur d'Hiver!)...

Parmi les dubitatifs, les sceptiques,
voici Shane Mac Gohan (chanteur des Pogues) et Nick Cave (chanteur de lui-même et de Nick Cave and the Bad Seeds)
dans un duo cafardeux de 1992, qui fleure bon la neurasthénie...
une version à chialer le nez dans sa énième Guiness :



Plus énervés, la version Joey Ramone,
le sympatique punk New-Yorkais,
qui nous offre une version sans nuance de la chanson :




Troisième partie : synthèse : oui le monde est beau mais moche aussi.
Malgrès le fait que le décors est joli,
il faut bien reconnaitre que la connerie humaine et certains autres désagrément gâche le tableau.

C'est le sens que je donne à la version princeps de ce bon Louis Armstrong,
pas le cycliste, pas le cosmonaute,
l'autre, le gentil nègre trompettiste et chanteur,
mais néanmoins génie.
Car Armstrong, à mon avis, n'est pas naïf.
L'auteur de "Black and Blue" a bien connu le racisme, la discrimination sociale et autres joyeusetés.
S'il affirme malgrès tout un certain optimisme,
je vois dans son rictus pas mal d'ironie.




Enfin,
si on veut bien oublier le torrent d'eau de rose qu'a engendré cette chanson,
on peut admirer la mélodie toute nue,
interprétée avec une vrai émotion sincère pas grandiloquente du tout,
par le saxophoniste Georges Adams,
accompagné du pianiste Don Pullen :




"Wonderful" Doudourou
(j'ai quelle note au rattrapage du BAC?)